Les deux hommes ont notamment discuté de comment "mieux sécuriser" les sites pétroliers en mer Rouge et "la nécessité d'aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de (missiles) intercepteurs", a déclaré le chef de l’État à des journalistes.
"On a eu une très bonne discussion. Elle a été très constructive, il y avait une grande disponibilité et on a pu entrer dans le détail sur ces deux conflits qui évidemment sont importants pour la paix dans le monde et pour notre sécurité, et qui ont un impact direct sur le pouvoir d'achat des Français", a assuré le chef de l’État à l’issue de cette rencontre.
Emmanuel Macron a proposé lundi plusieurs initiatives à Donald Trump pour juguler l'envolée des prix du pétrole qui plombe l'économie mondiale, dont une résolution à l'ONU sur le détroit d'Ormuz, la protection de sites saoudiens et une "trêve énergétique" dans le conflit en Ukraine.
"La France veut travailler avec les Américains et ses partenaires sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU garantissant la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a ensuite précisé une source diplomatique. 20 % du commerce mondial d'hydrocarbures transite via ce détroit.
Concrètement, des États membres de l'ONU pourraient participer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit et permettre ainsi à Washington et Téhéran de recentrer leurs discussions sur d'autres sujets clés, dont le programme nucléaire iranien.
La France et le Royaume-Uni ont déjà mis en place une mission multinationale d'une quarantaine d'États pour sécuriser le détroit, notamment par du déminage. Mais celle-ci est conditionnée à un arrêt des hostilités et a suscité jusqu'ici peu d'intérêt chez Donald Trump.

La France est aussi prête à sécuriser les infrastructures énergétiques saoudiennes visées par les Houthis, dans une "approche strictement défensive", a précisé la source diplomatique citée.
Pourraient ainsi être protégés la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge, et l'oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation cruciale pour le brut saoudien.
Sur l'Ukraine, les Européens demandent aux États-Unis de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit, avec une participation américaine aux négociations à leurs côtés et ceux de Kiev.
Ils réclament également des garanties de sécurité, c'est-à-dire un engagement américain suffisamment solide pour dissuader une nouvelle attaque russe après un éventuel cessez-le-feu.
Une trêve énergétique en Ukraine?
Emmanuel Macron a aussi précisé avoir eu une longue discussion avec le président américain sur "la nécessité d'aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de (missiles) intercepteurs".
À l'issue d'un entretien avec l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, il a aussi évoqué sur le réseau X la "perspective d’une trêve énergétique et d’un moratoire en mer Noire".
"On voit bien qu'aujourd'hui il faut aider le système énergétique ukrainien et la situation dans toute la région", a-t-il souligné devant la presse, sans préciser si cette trêve devait aussi porter sur les frappes ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques russes.
Donald Trump a estimé lundi que la Russie avait "perdu le contrôle de son industrie du gazole en raison de sa guerre avec l'Ukraine", appelant de nouveau à arrêter la guerre.
La France et les Européens demandent aux États-Unis de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit ukrainien. Ils souhaitent aussi être associés aux négociations, notamment sur la future architecture de sécurité du continent européen.
Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, se sont rendus pour la première fois à Kiev en septembre - après une visite à Moscou - pour relancer la médiation américaine dans ce conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais les cycles de négociations tripartites n'ont jusqu'ici pas abouti à des avancées concrètes.




















