MOYEN-ORIENT
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L'Iran met en garde les étudiants contre les "lignes rouges" alors que les manifestations reprennent
"Les symboles sacrés et le drapeau sont des lignes rouges que nous ne devons pas franchir, même au plus fort de la colère", a déclaré la porte-parole du gouvernement iranien, après que des étudiants ont brûlé le drapeau.
L'Iran met en garde les étudiants contre les "lignes rouges" alors que les manifestations reprennent
Les étudiants universitaires ont entamé un nouveau semestre par des rassemblements ce week-end. / AP
il y a 6 heures

Les étudiants ont le droit de manifester, mais doivent "comprendre les lignes rouges", a déclaré la porte-parole du gouvernement iranien, dans la première réaction officielle aux nouvelles manifestations antigouvernementales sur les campus.

Les étudiants ont entamé le nouveau semestre par des rassemblements ce week-end, reprenant les slogans des manifestations nationales contre le pouvoir clérical du pays, qui avaient culminé en janvier avant d’être réprimées avec violence.

Lundi, pour le troisième jour consécutif de manifestations sur les campus, des vidéos géolocalisées par l'AFP ont montré des étudiants d'une université de Téhéran brûlant le drapeau iranien adopté après la révolution de 1979, qui a renversé la monarchie.

"Les objets sacrés et le drapeau sont deux exemples de ces lignes rouges que nous devons protéger et ne pas franchir, même au plus fort de la colère", a déclaré mardi la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani.

Elle a ajouté que les étudiants iraniens "ont le cœur brisé et ont été témoins de scènes susceptibles de les bouleverser et de les indigner ; cette colère est compréhensible".

Une contestation née de la crise économique

La première vague de protestations avait débuté en décembre, déclenchée par les difficultés économiques du pays déjà frappé par les sanctions. Elle s'est rapidement transformée en manifestations nationales, atteignant leur apogée les 8 et 9 janvier, dans ce qui a constitué l'un des plus grands défis auxquels les dirigeants iraniens aient été confrontés depuis des années.

Ces troubles ont provoqué une répression gouvernementale qui a fait des milliers de morts. Une organisation de défense des droits humains basée aux États-Unis a recensé plus de 7 000 morts, tout en avertissant que le bilan réel est probablement bien plus lourd.

Les autorités iraniennes, de leur côté, reconnaissent plus de 3 000 morts, mais affirment que les violences ont été causées par des "actes terroristes" alimentés par les États-Unis et Israël.

Mohajerani a indiqué qu'une mission d'enquête examinait les causes et les facteurs des manifestations et qu'elle remettrait un rapport.

Pression américaine

La répression de janvier avait incité le président américain Donald Trump à menacer d'intervenir militairement en faveur des manifestants, même si ses menaces se sont rapidement concentrées sur le programme nucléaire iranien controversé.

Depuis, les États-Unis ont procédé à un renforcement militaire massif au Moyen-Orient afin de faire pression sur Téhéran pour qu'il conclue un accord, alors même que les deux parties poursuivent des négociations indirectes, qui doivent reprendre jeudi à Genève.

L'Iran insiste sur le fait que son programme nucléaire est destiné à un usage civil, mais l'Occident pense qu'il vise à fabriquer une bombe atomique.

L'Iran a averti qu’il riposterait avec "férocité" à toute attaque des États-Unis, même limitée — une option que Trump a publiquement reconnu envisager.

Lundi, Trump a par ailleurs démenti les informations relayées par les médias américains selon lesquelles le chef d'état-major des armées américaines, le général Dan Caine, aurait mis en garde contre les risques d'une opération d'envergure contre l'Iran, évoquant notamment des pénuries de munitions et le risque d'un enlisement prolongé.

"Le général Caine, comme nous tous, souhaite éviter la guerre, mais si une décision est prise d'intervenir militairement contre l'Iran, il estime que la victoire sera facile", a écrit Trump sur son réseau social Truth Social.

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SOURCE:TRT français et agences