Les autorités israéliennes n’ont accordé que 66 permis de construire à des Palestiniens en Cisjordanie occupée sur une période de 11 ans, tandis que 22 000 permis ont été délivrés à des colons israéliens installés illégalement, a rapporté dimanche un journal israélien.
Selon le quotidien Haaretz, 66 permis seulement ont été octroyés aux Palestiniens entre 2009 et 2020, contre 22 000 accordés aux colons israéliens durant la même période.
“Les habitants sont contraints de construire sans permis”, commente le journal.
Il évoque les démolitions massives menées par les autorités israéliennes depuis janvier dans le quartier d’Al-Taawoun, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée.
Situé en zone C, ce quartier “n’a reçu aucun permis de construire de la part des autorités israéliennes, bien qu’il soit éloigné de toute colonie ou route d’accès”, précise le quotidien.
Al-Taawun, ajoute-t-il, “n’est qu’un exemple de l’accélération du rythme des démolitions à travers la Cisjordanie”.
Rien qu’en janvier, l’armée israélienne a démoli 24 bâtiments palestiniens en zone C en raison de l’absence de permis de construire.
Démolitions en hausse
Citant le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), Haaretz indique qu’au moins 2 461 bâtiments palestiniens ont été démolis au cours des deux dernières années faute de permis, contre 4 984 structures au cours des neuf années précédentes.
En conséquence, environ 3 500 personnes ont perdu leur logement durant cette période de deux ans, ajoute le journal.
L’OCHA n’a pas précisé si ces démolitions ont eu lieu exclusivement en zone C ou dans l’ensemble de la Cisjordanie.
Selon Haaretz, la campagne de démolitions des deux dernières années coïncide avec le déplacement d’environ 80 communautés palestiniennes, en raison de l’expansion rapide de fermes et avant-postes.
L’accord d’Oslo II de 1995 a divisé la Cisjordanie en trois zones administratives : la zone A est placée sous contrôle palestinien total ; la zone B sous administration civile palestinienne et contrôle sécuritaire israélien ; et la zone C sous contrôle civil et sécuritaire israélien total, couvrant environ 61 % de la Cisjordanie.
Les Palestiniens affirment qu’Israël accorde rarement des permis de construire en zone C, empêchant de facto toute construction ou tout développement des terres.
Ils considèrent ces mesures comme un prélude à l’annexion formelle de la Cisjordanie et comme une étape vers l’annexion de facto de larges portions du territoire, des initiatives qui, selon eux, compromettraient le cadre de la solution à deux États soutenue par l’ONU.
Dans un avis historique rendu en juillet 2024, la Cour internationale de justice a déclaré illégale l’occupation par Israël des territoires palestiniens et a appelé à l’évacuation de toutes les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.











