Une coordination nationale de lutte contre la répression visant le mouvement de défense des Palestiniens sera lancée ce samedi à Lyon, a appris Anadolu de sources concordantes.
Cette initiative est portée par des militants associatifs engagés de longue date et s’inscrit dans un contexte de multiplication des poursuites judiciaires contre des soutiens à la cause palestinienne.
À l’origine du projet, un travail initié à Lyon, en réaction directe à l’augmentation des procès et des procédures visant des militants pro-palestiniens.
“Le projet est parti d’un cadre lyonnais, avec la multiplication des procès. Très rapidement, on a évoqué l’idée de créer un mouvement national”, explique Alex, militant de la Ligue de la jeunesse révolutionnaire, dans un entretien à Anadolu.
Deux réunions en visioconférence ont déjà permis de structurer la démarche et une troisième réunion se tiendra ce samedi 24 janvier à Lyon. Elle sera ouverte aux associations, aux militants et à toute personne de la société civile souhaitant rejoindre la coordination.
Un objectif d’unité au-delà des divergences
Selon Alex, la coordination vise à rassembler l’ensemble des forces pro-palestiniennes, indépendamment de leurs désaccords politiques ou stratégiques. “Le but est d’unir les forces pro-palestiniennes au-delà de leurs divergences”, souligne-t-il.
Les initiateurs de la coordination entendent s’appuyer sur une dynamique populaire reposant sur des rassemblements, des actions militantes et des réunions publiques. Ils estiment que cette dynamique collective constitue une réponse nécessaire à l’isolement croissant des militants visés par des poursuites individuelles.
Une répression analysée comme progressive
Les militants impliqués décrivent une séquence répressive en plusieurs étapes.
“Il y a d’abord eu des tentatives d’interdiction des manifestations, puis des injonctions à condamner le 7 octobre, et maintenant on passe à une phase de répression des personnalités individuelles”, analyse Alex.
Cette phase se traduit par la multiplication de procédures judiciaires visant des figures publiques engagées en soutien à la Palestine. Parmi les dossiers en cours figurent ceux d’Elias D’Imzalene, poursuivi pour apologie du terrorisme et dont l’audience en appel débutée en janvier, se poursuivra en septembre, de Yamine Makri, dont le délibéré est attendu le 26 janvier, ainsi que d’Amira Zaiter, dont le procès s’est tenu le 23 janvier. Mahdieh Esfandiari a, quant à elle, été jugée le 13 janvier et reste dans l’attente de son délibéré.
Un cadre national en construction
La réunion de ce samedi à Lyon, doit permettre de formaliser la coordination nationale et d’en préciser les objectifs.
Les organisateurs - parmi lesquels on compte le militant Yamine Makri et le journaliste Shahin Hazami - souhaitent créer un espace commun de mobilisation, de solidarité politique et de réponse collective face à ce qu’ils considèrent comme une attaque répressive du mouvement de soutien à la Palestine.
La mise en œuvre de cette coordination est notamment soutenue par le politologue François Burgat, lui-même concerné par une procédure judiciaire pour “apologie du terrorisme”, dans laquelle il a été relaxé en première instance et doit être jugé en appel le 29 avril prochain.














