POLITIQUE
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“À bas le voile ?”... des femmes musulmanes dénoncent une “islamophobie institutionnelle”
Une proposition de loi, visant à interdire le port du voile par les mineures dans l’espace public, sera débattue ce jeudi à l’Assemblée nationale.
“À bas le voile ?”... des femmes musulmanes dénoncent une “islamophobie institutionnelle”
Une proposition de loi vise à interdire le voile aux mineures dans l'espace public / TRT Français
il y a 11 heures

Une tribune publiée par Politis relance le débat sur le voile en France, en réponse à une proposition de loi visant à interdire le port du voile aux mineures dans l’espace public. 

Dans cette tribune, des femmes musulmanes étudiantes, salariées, mères de famille et militantes rejettent un débat qu’elles jugent stigmatisant et dénoncent une  “islamophobie institutionnelle” portée, selon elles, par l’État et une partie de la classe politique.

Une proposition de loi qui cristallise les tensions

Ces femmes musulmanes estiment que l’interdiction du voile aux mineures ne relève pas d’une démarche d’émancipation mais d’une mesure discriminatoire qui viserait avant tout les musulmanes. Les signataires s’insurgent contre un climat politique où le voile revient régulièrement comme un sujet central, associé à des discours de fermeté et à des slogans tels que “À bas le voile”, qu’elles considèrent comme un marqueur de rejet social.

Pour elles, cette séquence n’est pas nouvelle; elle s’inscrit dans une longue histoire française de controverses autour du voile, depuis la fin des années 1980, et dans une multiplication de textes et de polémiques qui, selon leur analyse, ont contribué à normaliser l’exclusion.

“Signe de soumission”

Dans leur texte, les autrices contestent l’idée selon laquelle le voile serait automatiquement le signe d’une soumission ou d’un enfermement. Elles décrivent au contraire des parcours ordinaires, ancrés dans la société française, et affirment que les femmes musulmanes sont trop souvent réduites à un symbole politique. 

La tribune dénonce également un discours présenté comme protecteur au nom des droits des femmes mais qui, selon elles, se traduit dans les faits par des exclusions et une limitation de leurs libertés.

Elle s’oppose aussi aux conséquences concrètes de ces débats: discriminations à l’embauche, difficultés d’accès à certains services, contrôles plus fréquents, humiliations et mise à l’écart dans l’espace public. Elles estiment que ces situations ne relèvent pas d’incidents isolés, mais d’un système de suspicion durable, alimenté par des politiques et des discours institutionnels.

Lois “discriminatoires”

Au-delà de la dénonciation, la tribune appelle à la reconnaissance de l’égalité des droits, la fin des pratiques discriminatoires, et l’abandon de projets de loi qui, selon elles, ciblent spécifiquement les musulmanes. 

Les autrices réclament aussi que leur parole soit entendue autrement qu’à travers le prisme de la polémique, et que leur capacité à choisir pour elles-mêmes soit respectée.

 

SOURCE:TRT français et agences