Quelque 350 tracteurs ont convergé ce mardi 13 janvier vers Paris, transformant les abords des institutions en un vaste rassemblement agricole. À l’appel des syndicats majoritaires, les agriculteurs exigent des mesures “concrètes et immédiates” pour défendre la souveraineté alimentaire, dans un climat de tension marqué par des actions simultanées en région.
Peu avant 6 heures du matin (heure locale), les premiers convois de tracteurs de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes Agriculteurs ont pénétré dans la capitale par la porte Dauphine, sous étroite escorte des forces de l’ordre.
Selon la préfecture de Police, l’ensemble des 350 tracteurs attendus étaient entrés dans Paris à 7h50, dont environ 250 déjà positionnés quai d’Orsay.
Les engins agricoles ont emprunté de grands axes parisiens, dont l’avenue des Champs-Élysées, offrant une démonstration de force rare au cœur de la capitale. Klaxons, banderoles et files de tracteurs ont marqué cette arrivée très encadrée.
L’Assemblée nationale, une mobilisation hautement symbolique
Les premiers tracteurs sont arrivés devant l’Assemblée nationale, lieu hautement symbolique choisi pour faire entendre les revendications du monde agricole. Les manifestants réclament des engagements clairs de l’État en matière de prix agricoles, de normes, de concurrence internationale et de protection de la production française.
Cette mobilisation est portée par la FRSEA Grand Bassin parisien, qui regroupe l’Île-de-France et plusieurs départements voisins. Elle intervient quelques jours seulement après les actions coup de poing menées par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, signe d’une colère agricole diffuse et persistante.
La préfecture de Police a annoncé la fermeture du pont de la Concorde et du quai d’Orsay à la circulation “pendant toute la durée du rassemblement”, soit jusqu’aux environs de 18 heures. Des perturbations majeures ont été rapportées dans l’ouest et le centre de Paris, alors que les autorités appelaient les automobilistes à éviter le secteur.
La fin d’un mois de blocage sur l’A64
Parallèlement à la mobilisation parisienne, les forces de l’ordre ont procédé, ce mardi matin même, au démantèlement du barrage agricole de l’A64, près de Toulouse. Ce blocage, tenu depuis le 12 décembre, était devenu l’un des symboles du mouvement.
“Nous sommes encerclés par les gendarmes”, a déclaré à l’AFP Jérôme Bayle, porte-parole des “Ultras de l’A64”. Dès 4 heures du matin, d’importants moyens de maintien de l’ordre, dont des véhicules blindés, ont été déployés, tandis que les journalistes étaient maintenus à distance.
Entre la démonstration de force dans la capitale et la levée contrainte des barrages en région, la journée de mardi marque un tournant dans le rapport de force entre les agriculteurs et l’exécutif. Le monde agricole attend désormais des réponses politiques rapides, sous peine de voir la mobilisation se durcir encore.











