Selon une enquête du Guardian, le site qui héberge le film concurrent s'est initialement présenté à tort comme une plateforme consacrée à l'œuvre originale, en utilisant les noms de ses réalisateurs et les informations relatives à ses projections.
Le documentaire original, produit par The Guardian, a remporté le prix spécial du jury à la Mostra de Venise en septembre 2026.
Il repose sur les témoignages de 24 militaires et membres des services de renseignement israéliens qui décrivent les systèmes de surveillance et de ciblage utilisés pendant la guerre génocidaire d’Israël à Gaza.
Le film doit être diffusé dans plus de 50 pays avant sa mise en ligne gratuite sur le site du quotidien britannique à la fin novembre.
Le film concurrent, d'une durée d'environ 49 minutes, reprend notamment le format d'entretiens anonymisés tournés de nuit sur des toits de Tel-Aviv.
Il présente une lecture opposée à celle du documentaire original et affirme notamment que l'armée israélienne est "l'armée la plus morale du monde", selon The Guardian. Il a été réalisé par Ariel Averbuch, Roy Danino et Hagai Gutman.
Le site nazadocumentary.com, enregistré le 16 septembre dernier, a d'abord repris les noms de Yuval Abraham et Rachel Szor ainsi que les informations relatives aux festivals où leur film devait être projeté.
La présentation du site a ensuite été modifiée pour mettre en avant "NAZA: The Real Story". The Guardian a dénoncé une tentative visant à induire le public en erreur et à détourner l'attention des questions soulevées par le documentaire original.
La promotion du film concurrent a également été relayée par des représentations diplomatiques israéliennes. Le gouvernement israélien a annoncé qu'il remettrait un certificat de reconnaissance à ses créateurs pour leur contribution à la diplomatie publique du pays.
L'ambassade d'Israël aux États-Unis a toutefois indiqué que le ministère israélien des Affaires étrangères n'avait pas participé à la production du film.
Les chiffres de visionnage avancés par le site ont suscité de nouvelles interrogations. Le 14 octobre, son compteur affichait plus de 43,7 millions de vues, alors que la version intégrale publiée sur YouTube totalisait moins de 130 000 vues.
Dans une enquête publiée le 15 octobre, Al Jazeera a comparé les données du site à celles de plusieurs outils indépendants d'analyse du trafic et relevé d'importantes incohérences. Selon le média, le compteur du site était présenté comme un nombre de vues sans que sa méthode de calcul soit rendue publique.
Pour éviter toute confusion, The Guardian recommande de consulter les informations et les canaux officiels du documentaire original, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor.

















