Les manifestations et blocages aux abords de lycées en France ne sont "pas des mouvements de contestation très habituels" mais "s'apparentent à des violences urbaines", a estimé lundi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. 164 interpellations ont eu lieu ce lundi aux abords de lycées.
Plus de 200 actions ont été décomptées dans des lycées sur l'ensemble du territoire, a affirmé ce matin BFMTV. Des rassemblements, des tentatives de blocage et des blocages partiels ou complets qui ont principalement eu lieu en Île-de-France, à Grenoble, à Lille, à Nice et à Lyon.
La principale organisation syndicale des lycéens a appelé hier soir au blocage des lycées mardi partout en France alors qu’une journée de grève est organisée dans la fonction publique. "On appelle au blocage de tous les lycées demain. On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire", a déclaré à l'AFP le président de l'Union syndicale lycéenne (USL) Ryad Rani.
Au total, 180 établissements ont été touchés par des mouvements lycéens ce lundi matin, dont "27 blocages totaux", selon le ministre. La plupart de ces établissements se situaient en région parisienne.
Laurent Nuñez a insisté sur le bilan humain de ce mouvement lycéen. Douze membres des forces de l’ordre ont été blessés, huit personnels de l’Éducation nationale, dont trois chefs d’établissement, ont également été blessés. Enfin, une douzaine de lycéens ont également été blessés, selon Laurent Nuñez.

Depuis une semaine, des lycéens d'Île-de-France se mobilisent devant leurs établissements pour protester contre des classes et des emplois du temps surchargés ou encore l'absence de professeurs. Ce mouvement s'est étendu ce lundi, notamment à l'Isère, aux Alpes-Maritimes et au Nord.
Parfois, ces manifestations ont dégénéré avec des dégradations ou des tirs de mortiers.
LFI accusée d’inciter à l’émeute
Les politiques accusent depuis mercredi la gauche d’inciter les jeunes gens à manifester.
Ce matin sur RMC, Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, "appelle à l'apaisement (...) Il y a un mot d'ordre qui est donné par LFI aujourd'hui, qui est 'Saccage ton lycée'. C'est relayé avec des défis TikTok."
Elle avait tenu le même discours mercredi 23 septembre lors d’une session du conseil régional d’Île-de-France. Valérie Pécresse a dénoncé l’instrumentalisation des lycéens par les Insoumis. La présidente de la région Île-de-France avait critiqué "les caïds et les voyous qui empêchent les lycéens d’étudier."
Le député Louis Boyard, lors d’une visite de soutien aux lycéens, avait dénoncé le racisme de ces propos. Valérie Pécresse réplique ce matin qu’elle va porter plainte contre le député insoumis Louis Boyard.
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet prend le contrepied de l’élu de droite Valérie Pécresse sur BFMTV ce matin. Elle appelle à cesser d’envoyer des policiers devant les lycées.
"Ce qu'ils demandent, ce sont des tables, des chaises, des enseignants, et on leur répond en leur envoyant des forces de l'ordre."
Selon Valérie Pécresse, quinze lycées ont été vandalisés et le coût des travaux a déjà été estimé à 200 000 euros.





















