Décidément, c’est une mauvaise semaine pour l’ancien maire LR de la commune de Blanc-Mesnil, Thierry Meignen. Sa commune est passée à gauche dimanche 22 mars, avec la victoire du candidat de centre gauche, Demba Traoré. Thierry Meignen a d’ailleurs annoncé un recours contre ce résultat.
Et ce 24 mars, une plainte a été déposée par la journaliste Nassira El Moaddem et son éditeur (Stock) contre l’ancien maire pour des proposmenaçants après la publication d’un livre qui met en cause la gestion de la commune du Blanc-Mesnil.
Publié en février dernier, “Main basse sur la ville. Enquête au Blanc-Mesnil, territoire trahi de la République” revient sur des années de gestion politique locale (la ville est gérée depuis douze ans par la droite) et sur les tensions qui traversent cette commune de Seine-Saint-Denis.
“Elle va mourir”
Thierry Meignen, sénateur-maire de la ville, n'a pas apprécié cet ouvrage et a accusé la journaliste qui l’a écrit d’être “une militante”. Interrogé par des journalistes du quotidien Le Monde, à 48h du second tour des élections municipales, il aurait déclaré:
“Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue“.
Sur les réseaux sociaux, la journaliste décrit un climat de pression lors de son enquête sur la municipalité. “Intimidée, suivie, mon matériel volé devant l’école de mes enfants dans le cadre de mon livre. (...), désormais le sénateur ex-maire Thierry Meignen me menace de mort et m’injurie”, écrit-elle.
La journaliste a notamment dénoncé la proximité de l’ex-maire avec l’extrême droite, Sarah Knafo et Eric Zemmour du parti Reconquête. Elle dénonce l’embauche de Vijay Monany, un proche de Reconquête qui a affirmé en plein conseil départemental: “Quand on est en Seine-Saint-Denis, on se demande si on est encore en France.” Il fut le porte-parole de la campagne d'Eric Zemmour pour la présidentielle de 2022.
Dans son ouvrage, la journaliste dépeint un communautarisme électoral, de l’affairisme immobilier, le refus de construire des logements sociaux pour privilégierdes résidences privées, ou encore le harcèlement au sein de l’administration de la mairie qui a conduit au suicide d’un agent.
Le sénateur est connu pour sa gestion très droitière de sa ville, avec le refus d’augmenter les impôts ou de faire payer aux contribuables les dégâts des émeutes de 2023 par ceux qu’il qualifie de “petits c***ards”.
Sa fierté est d’avoir fait construire dans sa ville le plus grand dojo de judo de France.









