MOYEN-ORIENT
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Israël: Netanyahu a falsifié les registres sur le 7 octobre, selon son ex-secrétaire militaire
Le général de division de réserve Avi Gil, ancien secrétaire militaire de Netanyahu, a affirmé que des responsables du cabinet avaient modifié les enregistrements des appels téléphoniques passés par le Premier ministre, au matin du 7 octobre.
Israël: Netanyahu a falsifié les registres sur le 7 octobre, selon son ex-secrétaire militaire
Avi Gil, ex-secrétaire de Netanyahu, a affirmé que le Premier ministre avait délibérément rejeté des occasions de faire libérer les otages israéliens

Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Channel 12, Avi Gil a déclaré que Tzachi Braverman, chef de cabinet du Premier ministre, avait falsifié les enregistrements téléphoniques de cette journée.

Il a expliqué avoir constaté, quelques semaines après le 7 octobre, que la collecte des procès-verbaux et des relevés relatifs à cette journée avait été menée en violation des procédures. Cette période coïncidait avec les intenses attaques israéliennes contre Gaza. Il a indiqué avoir immédiatement signalé les faits au procureur général.

Avi Gil a précisé qu'un secrétaire chargé des comptes rendus au cabinet du Premier ministre lui avait personnellement indiqué que, sur instruction de Braverman, l'heure du premier appel téléphonique passé par Netanyahu ce jour-là avait été modifiée.

Selon lui, l'appel passé entre 6 h 40 et 6 h 44 aurait ainsi été présenté comme ayant eu lieu à 6 h 29, soit à l'heure correspondant au début des événements du 7 octobre.

"Netanyahu a sacrifié la vie des otages à ses ambitions politiques"

Avi Gil a vivement critiqué Netanyahu, affirmant que le Premier ministre avait délibérément rejeté des occasions concrètes de faire libérer les otages israéliens détenus à Gaza afin de ne pas mettre en péril sa carrière politique.

Il a indiqué que, lors des réunions du cabinet à cette période, Netanyahu avait choisi de préserver son gouvernement plutôt que d'approuver un accord d'échange d'otages susceptible de provoquer la chute de sa coalition.

"Est-ce que je pensais, à l'époque, qu'il était juste de donner la priorité au retour des otages ? La réponse est oui", a-t-il déclaré.

Avi Gil a également affirmé que les responsables des services de sécurité avaient averti à plusieurs reprises Netanyahu de l'imminence d'une attaque avant les événements du 7 octobre.

Il a notamment déclaré qu'en juillet 2023, le directeur du Shin Bet, Ronen Bar, avait transmis au Premier ministre, par son intermédiaire, une "alerte de guerre" officielle alors que Netanyahu se trouvait à l'hôpital.

Selon Gil, Netanyahu n'avait toutefois pas organisé de réunion d'urgence avec Ronen Bar à la suite de cet avertissement.

Il a également affirmé que, durant les deux premières heures des événements du 7 octobre, Netanyahu n'avait eu aucun échange avec les hauts responsables de la sécurité.

Le cabinet du Premier ministre rejette les déclarations de Gil

Dans un communiqué, le cabinet du Premier ministre israélien a contesté les déclarations d'Avi Gil concernant Netanyahu, affirmant qu'elles ne reflétaient pas la réalité.

Le communiqué a rejeté toute responsabilité de Netanyahu dans les défaillances du renseignement survenues ce jour-là, imputant celle-ci à l'armée et aux responsables des services de sécurité.

Le cabinet a également démenti l'ensemble des accusations selon lesquelles les enregistrements des appels téléphoniques auraient été modifiés secrètement et les otages israéliens sacrifiés aux ambitions politiques de Netanyahu.

L'opposition réclame une enquête contre Netanyahu

À la suite des déclarations d'Avi Gil, des dirigeants de l'opposition israélienne ont appelé à l'ouverture immédiate d'une enquête sur Netanyahu.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, présenté comme la première formation dans les sondages électoraux en Israël, a déclaré sur le réseau social X que Netanyahu avait privilégié ses intérêts politiques et les procédures administratives au détriment de la vie des otages.

Réclamant l'ouverture immédiate d'une enquête pénale sur les défaillances du Premier ministre durant cette période, Eisenkot a affirmé : "Rien ne pourra le soustraire à la commission d'enquête d'État que nous mettrons en place après les élections."

Avigdor Liberman, chef du parti d'opposition Israël Beitenou, a également vivement réagi en s'en prenant à Netanyahu.

Dans un message publié sur X, Liberman a estimé que les politiques du Premier ministre et le rejet délibéré d'occasions de libérer les otages constituaient une trahison des intérêts du pays. Il a accusé Netanyahu de "trahison".

Ces réactions de l'opposition accentuent la pression politique autour des événements du 7 octobre et de la question des otages. Elles renforcent également les appels à la création d'une commission d'enquête officielle chargée d'examiner les événements et les responsabilités.


SOURCE:TRT français et agences