MOYEN-ORIENT
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Liban: le prêtre Pierre el-Raï tué par un tir israélien, les chrétiens dans l'inquiétude
Pierre el-Raï, curé de la paroisse de Qlayaa, dans le sud du Liban, a été tué lundi par un tir d’artillerie israélien qui a frappé une maison de cette localité chrétienne du caza de Marjeyoun.
Liban: le prêtre Pierre el-Raï tué par un tir israélien, les chrétiens dans l'inquiétude
Le père Pierre el-Raï se trouvait à son domicile lorsque deux obus ont été tirés en milieu d’après-midi / Others

Le père Pierre el-Raï se trouvait à son domicile lorsque deux obus ont été tirés en milieu d’après-midi sur une habitation située à l’est du village, a indiqué le président du Conseil municipal de Qlayaa, Hanna Daher. Trois autres personnes ont été blessées et transportées à l’hôpital de Marjeyoun.

Selon ce responsable local, un premier tir a touché la maison et blessé le couple propriétaire. Des habitants se sont alors rendus sur place pour porter secours aux victimes. Un second obus est ensuite tombé sur le bâtiment.

Le prêtre a été blessé lors de cette seconde explosion et a succombé à ses blessures peu après.

Hanna Daher a déclaré ne pas connaître les raisons du bombardement. 

“Nous ne savons pas pourquoi notre village a été visé”, a-t-il affirmé, rejetant les informations faisant état de la présence de combattants du Hezbollah dans la maison touchée.

La mort du père Pierre el-Raï intervient dans un contexte d’escalade militaire au Liban-Sud. Le Hezbollah a ouvert un front contre Israël après le début de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. 

Israël ne cesse de bombarder plusieurs zones du Liban, notamment la banlieue sud de Beyrouth, le Liban-Sud et la Békaa et touchent désormais des zones habitées par des communautés chrétiennes du sud du pays. 

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Refus d’évacuer

Dans plusieurs villages proches de la frontière, des milliers de chrétiens ont choisi de rester malgré les appels d’Israël à évacuer la région.

Les localités chrétiennes environnantes avaient jusqu’ici été relativement épargnées. Mais la situation semble évoluer alors que l’armée israélienne a récemment exhorté l’ensemble des habitants du sud du Liban, y compris dans les villages chrétiens, à quitter leurs maisons.

Face à cette injonction, plusieurs communautés ont décidé de rester. Selon des estimations locales encore en cours d’évaluation, quelques milliers de personnes seraient actuellement présentes dans ces villages.

Pour de nombreux habitants, quitter la région ferait courir le risque de ne jamais pouvoir y revenir, l’armée israélienne préparant une incursion terrestre destinée à établir une zone tampon le long de la frontière, potentiellement sans population civile.

La région garde le souvenir de déplacements forcés répétés. Les habitants ont déjà été contraints de partir à plusieurs reprises depuis la guerre civile libanaise (1975-1990), aggravée par l’invasion israélienne de 1982. 

Le sud du Liban est resté sous contrôle israélien jusqu’en 2000, une période durant laquelle certaines zones avaient été largement vidées de leur population.

Dans plusieurs villages, le refus d’évacuer est présenté par les habitants comme une forme de résistance pacifique. Les civils ne sont pas armés et cherchent à éviter d’être impliqués dans les combats.

Aujourd’hui, dans certaines localités, une centaine d’habitants refusent toujours de partir malgré la pression militaire. Des familles se réfugient dans les sous-sols d’églises avec leur prêtre, notamment dans le village d’Alma el-Chaab, où des habitants vivent regroupés pour se protéger des frappes.

La situation demeure particulièrement dangereuse. Le 8 mars, le frère d’un prêtre local a été tué par un drone israélien alors qu’il se trouvait à l’extérieur de son domicile, selon des sources locales.

Plus largement, les bombardements israéliens se sont étendus au-delà des bastions traditionnels du Hezbollah. Une frappe a notamment visé un hôtel situé dans un quartier chrétien de Beyrouth, provoquant une forte inquiétude parmi la population.

La guerre a déjà provoqué d’importants déplacements de civils. Selon des estimations, environ 500 000 personnes ont été déplacées au Liban.

SOURCE:TRT français et agences
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