TÜRKİYE
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Fidan défend l’accord de défense de La Mecque face aux critiques sur le Yémen
Le ministre turc des Affaires étrangères estime qu’il est injuste de juger la nouvelle alliance de défense à l’aune de sa réponse au conflit au Yémen, vieux de dix ans, alors que la coopération régionale en matière de sécurité ne fait que commencer.
Fidan défend l’accord de défense de La Mecque face aux critiques sur le Yémen
Fidan a affirmé que la Türkiye et les États-Unis partageaient le même intérêt à voir émerger au Moyen-Orient, des États souverains et stables

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a défendu le nouvel Accord conjoint de défense de La Mecque face aux critiques concernant sa réponse aux attaques des Houthis du Yémen contre l’Arabie saoudite, estimant qu’il était injuste d’évaluer cette nouvelle alliance au regard d’un conflit vieux de dix ans.

S’exprimant lors d’un panel consacré aux relations entre la Türkiye et les États-Unis, organisé par la Direction de la Communication de la présidence turque à New York le 21 septembre, Fidan a été interrogé pour savoir si les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite constituaient le premier test de l’accord et comment celui-ci y avait répondu.

Fidan s’est alors tourné vers l’ancien ambassadeur des États-Unis en Türkiye, James Jeffrey, présent dans la salle, et lui a demandé quand il avait rejoint l’armée. Après que Jeffrey a répondu que cela remontait à environ 50 ans, Fidan lui a demandé combien de fois il avait été témoin de l’activation de l’article 5 de l’OTAN, qui prévoit une défense collective.

"Une seule fois", a répondu le public, selon un communiqué de la Direction de la Communication consacré à l’événement.

"Ce n’est absolument pas juste. Personne ne critique l’OTAN en la qualifiant de ‘tigre de papier’, mais lorsqu’il s’agit d’une alliance de défense nouvellement créée, on prend une crise vieille de dix ans — la crise au Yémen — pour dire : ‘Regardez, ça ne fonctionne pas’", a déclaré Fidan.

"Nous venons tout juste de commencer", a-t-il ajouté, suscitant les applaudissements du public.

L’Accord conjoint de défense de La Mecque a été établi par la Türkiye, l’Arabie saoudite et le Pakistan dans le cadre des efforts d’Ankara visant à renforcer la responsabilité régionale en matière de sécurité.

Fidan a indiqué que la Türkiye envisageait un tel dispositif depuis cinq ou six ans, mais que convaincre d’autres pays de le rejoindre avait pris du temps.

Il a expliqué que l’accord reposait sur le principe selon lequel les pays de la région devaient assumer une plus grande responsabilité pour leur propre sécurité, leur souveraineté et leur intégrité territoriale.

"Les pays de la région ont compris le principe que nous, en tant que Türkiye, avons formulé : ‘Il n’y a ni domination ni soumission, mais plutôt de la coopération’", a déclaré Fidan.

Il a présenté l’accord de La Mecque comme un point de départ vers une plus grande "prise en charge régionale", estimant que le manque de confiance entre les pays de la région avait contribué aux conflits, aux interventions extérieures et à l’implication de certains pays dans des différends liés aux agendas d’autres États.

Fidan a indiqué que les trois pays disposaient d’une feuille de route pour développer ce dispositif et que d’autres pays souhaitant le rejoindre pourraient être invités une fois sa structure institutionnalisée.

"Notre idée est qu’une fois le dispositif institutionnalisé, l’invitation à rejoindre l’accord restera ouverte à d’autres pays", a-t-il déclaré.

Plus tôt dans son intervention, Fidan a affirmé que la Türkiye et les États-Unis partageaient le même intérêt à voir émerger au Moyen-Orient, notamment en Syrie et en Irak, des États souverains et stables capables d’assurer sécurité et prospérité.

Il a déclaré qu’Ankara cherchait à renforcer les institutions nationales et à empêcher les organisations terroristes d’opérer, ajoutant qu’une Syrie débarrassée du terrorisme et dont l’intégrité territoriale serait préservée constituerait une avancée importante pour la sécurité et la prospérité régionales.

Fidan a également identifié la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, le conflit au Yémen ainsi que les politiques et actions déstabilisatrices d’Israël dans la région comme des menaces interconnectées qui entravent les efforts diplomatiques.

"Ces menaces se renforcent mutuellement et entravent la diplomatie", a-t-il déclaré, ajoutant que leur résolution nécessitait une plus grande responsabilité régionale et une coopération étroite avec Washington.

"Nous attendons en particulier des États-Unis qu’ils utilisent davantage leur influence sur Israël afin de mettre fin aux politiques qui compromettent à la fois la paix et la stabilité régionales et mondiales", a déclaré Fidan.

Il a également affirmé que Gaza restait un test central des efforts visant à instaurer la sécurité, la coopération et la prospérité dans la région, ajoutant que la Türkiye soutenait les efforts du président américain Donald Trump pour mettre fin à la crise à Gaza.

Abordant les relations entre la Türkiye et les États-Unis, Fidan a déclaré que les deux pays avaient insufflé un nouvel élan à leurs relations à l’approche du centenaire de leurs liens diplomatiques. Il a souligné que la relation était restée solide malgré les désaccords et les crises, et que les deux parties devaient transformer cet élan en résultats concrets et institutionnaliser leur coopération.

Concernant les relations dans le domaine de la défense, Fidan a noté que les dirigeants politiques à Ankara et à Washington avaient fait preuve de volonté pour résoudre les questions en suspens, notamment les restrictions qui affectent la coopération bilatérale en matière de défense. Il a également indiqué que les discussions se poursuivaient sur le retour de la Türkiye au programme F-35 et sur le règlement de la question liée à la CAATSA, tout en précisant que le processus prenait plus de temps que prévu.

SOURCE:TRT français et agences