FRANCE
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France: acte IV de la mobilisation lycéenne
Les lycéens et étudiants français vont manifester ce jeudi. Le gouvernement multiplie les signes d’apaisement pour mettre fin à la crise sans convaincre. Les lycéens demandent une réunion avec le Premier ministre et des propositions concrètes.
France: acte IV de la mobilisation lycéenne
Des CRS tentant de débloquer un lycée ce matin à Paris

Les fermetures ont commencé. Des lycées sont fermés à Lyon ce jeudi, à Paris également. D’après le ministère de l’Éducation nationale, 375 établissements sont partiellement ou totalement fermés, jeudi matin. Un chiffre en baisse de 30 % en 24 heures.

La quasi-totalité des lycées sont ouverts, soit 94 % des établissements scolaires, totalement ou partiellement.

L’Union étudiante appelle à des rassemblements à la mi-journée devant les préfectures de la région parisienne. Les organisations étudiantes et lycéennes ont rassemblé mardi près d’un demi-million de manifestants pour la première grande mobilisation.

"Et on se rejoint à 15 h 00 place de la Bastille (à Paris, NDLR) !", a lancé Sabrine Kharbach, porte-parole du syndicat étudiant, peu après une rencontre avec le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, qui a laissé sur leur faim les représentants d’organisations de lycéens et d’étudiants conviés.

Regrettant de n’avoir "même pas eu des miettes d’une moindre annonce", la présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Suzanne Nijdam, a promis une poursuite de la mobilisation avec "des rassemblements" jeudi et "des manifestations de plus grande ampleur la semaine prochaine".

Un Premier ministre qui demande la confiance

Les lycéens en appellent désormais au chef du gouvernement : "Nous avons des propositions chiffrées (...) et c’est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec monsieur le Premier ministre Sébastien Lecornu", a déclaré à la presse Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL).

Dans une allocution préenregistrée et diffusée mercredi soir, Sébastien Lecornu a reconnu que "nul ne peut être indifférent aux angoisses" des lycéens, soulignant que les forces de l’ordre "n’ont pas pour instruction" de les affronter.

Mais le discours du Premier ministre n’a pas apporté plus de concret aux étudiants. Il a promis la mise en œuvre des cinq mesures déjà annoncées d’ici la fin du mois, appelant les lycéens à avoir confiance en l’avenir.

Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250 000 places en plus à l’université et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup. Pour Philippe Baptiste, demander la suppression de cette plateforme "est d’une immense démagogie".

De nouveaux lycéens blessés

Mercredi matin sur X, Sébastien Lecornu avait appelé les élèves à s’exprimer au sein de leurs établissements et sur la plateforme mise en ligne lundi soir pour recueillir leurs doléances.

Il avait aussi confirmé l’organisation d’heures "banalisées" dans les lycées, donc sans cours, pour permettre aux élèves et au personnel de faire remonter leurs difficultés, ce que le principal syndicat de proviseurs refuse de faire, tant que "le climat n’est pas serein".

Ce mercredi, un lycéen de Marseille a été blessé à la tête par des coups de matraque de la police. Une enquête a été ouverte pour violences volontaires.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes, après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens (nord) - un événement qui a suscité une vive émotion chez les manifestants et à gauche, où les critiques se sont multipliées contre la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement.

La police française utilise en cas de manifestations des armes dites intermédiaires comme ces grenades assourdissantes, qui produisent une forte détonation de l’ordre de 160 décibels, des grenades de désencerclement, des matraques télescopiques et des lanceurs de balles de défense (LBD), qui envoient des balles de caoutchouc de 40 mm à une puissance de 220 joules et qui ont éborgné deux lycéens ces dernières semaines.

Le ministère de l’Intérieur a admis que 18 enquêtes de la "police des polices" ont été ouvertes depuis le début du mouvement. En tout, 215 élèves et 85 membres du personnel de l’Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.

Lors du mouvement des Gilets jaunes à l’hiver 2018-2019, plus de 200 plaintes ont été déposées par la police, elles n’ont donné lieu qu’à une poignée de condamnations.

Vingt-trois personnes ont été éborgnées selon l’AFP lors du mouvement des "gilets jaunes". Aucun n’a obtenu la condamnation de l’auteur de sa blessure.

SOURCE:TRT français et agences