FRANCE
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Suite de la mobilisation lycéenne avec des appels à la grève pour mardi
Les lycéens français entament ce lundi 12 octobre une nouvelle semaine de mobilisation. Des manifestations sont attendues ce mardi, avec le soutien de plusieurs syndicats.
Suite de la mobilisation lycéenne avec des appels à la grève pour mardi
Manifestation devant le lycée Toulouse Lautrec à Toulouse ce lundi 12 octobre

Le gouvernement français ne communique pas sur le nombre de lycées bloqués ce lundi. À la mi-journée, il a tout juste publié le chiffre des lycées fermés, soit 141.

Les fermetures d'établissements reculent avec 96,5 % d'établissements ouverts lundi, mais huit personnels de l’Education nationale ont été blessés ce matin.

Les lycéens poursuivent donc le mouvement car ils ne sont pas convaincus par les annonces du gouvernement, notamment par l’envoi en urgence de 3 000 professeurs dans les académies.

Une annonce "assez déconnectée des réalités du terrain", alors que certains enseignants "ont été appelés pour faire un remplacement dans une autre discipline que la leur", a relevé sur la chaîne France 2 Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et des lycées. Ainsi une professeure de Lettres Modernes s’est vue envoyer enseigner l’anglais à 120km de chez elle, comme elle l’a raconté sur BFMTV.

"Que l’État nous écoute !", dit Naïla, 17 ans, élève en terminale à Rennes (dernière année de lycée), qui compte participer à la manifestation mardi.

L’Union syndicale lycéenne maintient sa revendication d’une suppression totale de la plateforme Parcoursup et d’un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées. L’intersyndicale étudiante soutient à nouveau le mouvement lycéen.

À Paris, la Fédération syndicale étudiante (FSE) a appelé samedi sur X à défiler à partir de 14 heures entre l’hôtel de ville et Matignon, résidence du Premier ministre. Des manifestations sont également annoncées dans d’autres villes de France. À Rennes, un rassemblement est prévu à 13 heures sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. À Toulouse, une manifestation doit débuter à 14 heures depuis les Arènes.

Les appels à la grève dépassent cette fois les seuls métiers de l’Éducation nationale. "Nous serons au rendez-vous pour protéger cette mobilisation qui est d’intérêt général", a déclaré lundi sur LCI Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

Emmanuel Macron, le président français s’est exprimé ce lundi à ce sujet. La manifestation de mardi doit se dérouler "dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens", a-t-il déclaré, dénonçant à nouveau une volonté de récupération de la colère des jeunes par la gauche radicale.

Test mardi pour le gouvernement

Lors de la quatrième journée de mobilisation, le nombre de personnes mobilisées était en baisse. Plus de 130 000 manifestants ont été recensés en France par la CGT jeudi, pour "l’acte 4" de la mobilisation. Deux jours plus tôt, les manifestations avaient rassemblé près de 450 000 personnes dans toute la France.

Le nombre de grévistes et de manifestants donnera le ton pour les jours à venir, mais il ne pourra, à lui seul, décider de l’arrêt ou de la poursuite du mouvement. Depuis le 17 septembre et le début de cette mobilisation, à six mois de l’élection présidentielle, les lycéens réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation des bâtiments et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup.

Dans ce climat de tensions qui se prolonge depuis plusieurs semaines, le principal d’un établissement du sud de la France à Aubagne, non touché par le mouvement lycéen, a été blessé par balles lundi matin, ainsi qu’une enseignante. Un jeune de 14 ans a été interpellé, a-t-on appris de sources concordantes. On ne connaît pas les raisons de son geste.

1 588 suppressions de postes d’enseignants

"Ça n’est pas avec des annonces cosmétiques" que le gouvernement "va répondre à une colère de cette profondeur", mais "avec une modification en profondeur de son projet de budget", a dénoncé Sophie Binet sur la chaîne LCI.

Dans ce projet de budget 2027, "il y a 1 588 suppressions de postes d’enseignants et d’enseignantes", "200 millions d’euros en moins pour nos universités" ou encore "le gel des allocations logement et (...) des bourses étudiantes", a-t-elle souligné. "On ne joue pas l’avenir de nos enfants à la roulette russe".

Selon un sondage Ipsos-BVA publié dimanche, une majorité de Français (54 %) soutient ce mouvement.

SOURCE:TRT français et agences