C'est la deuxième visite en un an de Mohammed ben Salmane, après celle en juillet 2022. / Photo: Reuters (Reuters)

"Ce sera un déjeuner en tête à tête", a souligné la présidence à des journalistes. L'objectif étant de "donner des perspectives bilatérales et étudier les grands sujets du moment qu'ils soient régionaux ou qu'il s'agisse de l'Ukraine".

C'est la deuxième visite en un an de Mohammed ben Salmane, après celle en juillet 2022.

Emmanuel Macron abordera en priorité l'Ukraine. La France tente de convaincre les pays émergents de condamner l’offensive russe de l'Ukraine.

Le président soulignera "à quel point la question de l'Ukraine est importante" et a des implications partout dans le monde et "comment l'Arabie saoudite peut exercer une influence y compris sur la Russie", a indiqué la présidence.

Contexte important

"La rencontre est importante pour les deux côtés dans un contexte international et moyen-oriental mouvant", souligne Ziad Majed, professeur à l'université américaine de Paris.

La France "seul acteur occidental qui préserve des liens avec l'Iran tout en étant un allié des monarchies du Golfe", s'efforce "depuis un moment" de revenir sur la scène moyen-orientale, a-t-il expliqué à l'AFP.

Mohammed ben Salmane s'est lui clairement positionné comme celui qui soutient un ordre régional et une stabilité régionale, même si "cette "stabilité" passe par "l'étouffement de la contestation", ajoute le professeur.

Emmanuel Macron, "l'architecte principal de la relégitimation du prince saoudien depuis 2018", qui "renforce son sentiment d'impunité", "devrait tout faire" pour "sauver la vie" des sept jeunes condamnés à mort "pour leur opinion", estime la secrétaire général d'Amnesty France Agnès Callamard.

La crise au Liban

Jean-Yves Le Drian, le nouvel envoyé spécial d'Emmanuel Macron pour le Liban, ne sera pas présent au déjeuner mais la situation du pays du Cèdre sera évoquée après le nouvel échec mercredi du Parlement libanais à élire un président.

Ryad conserve une influence majeure au Liban, de même que l'Iran.

"La question n'est pas tant de la normalisation que la démonstration que l'Arabie et l'Iran peuvent faire ensemble de l'efficacité de cette normalisation sur certains sujets" tel que le Liban, explique-t-on à l'Elysée.

Emmanuel Macron va ainsi pousser les Saoudiens "à engager la conversation avec les Iraniens et avec d'autres pour créer des conditions favorables à l'élection d'un président" libanais.

L'Arabie Saoudite est aussi le pays qui, avec les autres monarchies du Golfe, peuvent soutenir financièrement le Liban plongé dans une crise historique alors que les Européens sont, eux, focalisés sur l'Ukraine.

Autre sujet brûlant, l'Iran

"Nous souhaitons avoir l'évaluation du prince héritier sur l'intensité de la menace iranienne (...) et comment il entend s'y prendre avec les Iraniens", explique la présidence.

Ahmed Benchemsi, Directeur de la Communication Moyen-Orient de l'ONG Human Rights Watch, déplore la tenue de cette visite.

"Je trouve regrettable de serrer la main d'un dirigeant dont la responsabilité dans l'assassinat barbare d'un journaliste a été démontrée, en faisant comme si de rien n'était", a-t-il également estimé.

Mohammed ben Salmane prévoit de rester longtemps en France où il possède plusieurs demeures, dont un somptueux château à Louveciennes, près de Paris.

Outre la rencontre avec Emmanuel Macron, il assistera lundi à la réception officielle pour présenter la candidature de son pays à l'exposition universelle de 2030, qui est soutenue par Paris.

Il participera aussi les 22 et 23 juin au sommet pour un nouveau pacte financier mondial organisé par l'Elysée.

AFP