A Paris, verdict attendu dans le procès pour meurtre du rappeur MHD / Photo: AFP (AFP)

"Depuis le début, je clame mon innocence dans cette histoire et je continuerai à clamer mon innocence", a déclaré l'artiste, de son vrai nom Mohamed Sylla, appelé à la barre pour prononcer ses derniers mots à l'issue de trois semaines de procès.

Ses sept coaccusés présents au procès - un huitième est en fuite et donc jugé par défaut - ont aussi affirmé ne pas avoir participé à l'agression ayant abouti à la mort de Loïc K.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2018, ce jeune homme de 23 ans avait été renversé volontairement par une Mercedes à Paris, puis passé à tabac par une dizaine d'hommes et lacéré de coups de couteaux. Il était mort, gisant dans son sang, quelques dizaines de minutes après le départ de ses agresseurs.

La voiture avait été retrouvée le lendemain, incendiée, dans un parking.

Au cœur du dossier, un règlement de comptes entre jeunes de deux cités de l'Est parisien.

Jeudi, l'avocat général a requis deux acquittements et des peines de 13 à 20 ans de prison contre les sept autres accusés, dont 18 ans de réclusion criminelle pour le pionnier de l'"afro-trap", mélange de hip-hop et de musiques africaines.

L'artiste avait été révélé en 2015 grâce à une vidéo postée sur YouTube devenue virale. De livreur de pizza, il était devenu en quelques mois une star non seulement en France mais aussi à l'étranger, remarqué par des artistes comme Madonna ou Drake.

Mais sa carrière météorique a été freinée par son interpellation et un an et demi de détention provisoire. Remis en liberté sous contrôle judiciaire à l'été 2020, il a comparu libre au procès.

Les enquêteurs établissent par ailleurs que la Mercedes lui appartenait et une des vidéos de la scène, prise depuis un appartement, montre un homme de type africain aux cheveux teints en blond, vêtu d'un survêtement Puma. Or, à cette époque, MHD avait les cheveux peroxydés et était ambassadeur de la marque de sportswear.

Vendredi, ses avocats ont plaidé l'acquittement.

Cette affaire s'est illustrée par la "loi du silence" à laquelle se sont soumis les accusés mais aussi de nombreux témoins, qui ne se sont pas présentés à la barre. Une loi du silence dictée par la "peur des représailles", de l'aveu de plusieurs personnes.

AFP