l'Italie autorise uniquement le débarquement de mineurs ou malades (Others)

Trois mineures et un bébé ont été les premiers à débarquer de l'Humanité 1 à l'aube, suivis des garçons mineurs et des hommes adultes ayant des problèmes médicaux, a déclaré à l'AFP Petra Krischok, attachée de presse de SOS Humanité.

"Trente-cinq adultes de sexe masculin sont toujours à bord. Pour l'instant, nous restons ici et attendons".

"Les survivants sont extrêmement déprimés. Une personne vient de craquer", a-t-elle ajouté.

Au total, 144 personnes ont débarqué du Humanity 1, navire sous drapeau allemand, au port de Catane.

Le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, avait déclaré samedi que le gouvernement ne ferait pas marche arrière quant à ses obligations humanitaires mais que ceux qui ne sont pas "qualifiés" devraient être pris en charge par l'Etat du pavillon du navire.

Trois autres bateaux, qui transportent au total 900 migrants, ont demandé de pouvoir accoster : le Rise Above, de l'ONG Mission Lifetime, également sous pavillon allemand, ainsi que l'Ocean Viking de SOS Méditerranée et le Geo Barents de Médecins sans Frontières, enregistrés eux en Norvège.

Le nouveau gouvernement d'extrême droite italien, qui a prêté serment le mois dernier, s'est engagé à sévir contre les migrants par bateau venant d'Afrique du Nord vers l'Europe.

Le député de l'opposition Aboubakar Soumahoro, qui était présent lors du débarquement, a critiqué la "sélection des migrants naufragés", qui, selon lui, viole le droit international.

Pour lui, le gouvernement traite "les naufragés, déjà épuisés par le froid, la fatigue, les traumatismes et la torture comme des objets".


"Si les naufragés restants sont rejetés, nous contesterons cette décision devant toutes les instances appropriées", a-t-il déclaré sur Twitter.

Le ministère norvégien des Affaires étrangères a déclaré jeudi qu'il n'assumait "aucune responsabilité" pour les personnes secourues par des navires privés battant pavillon norvégien en Méditerranée.

L'Allemagne a insisté, dans une "note" diplomatique adressée à l'Italie, sur le fait que les organisations caritatives "apportaient une contribution importante au sauvetage de vies humaines" et a demandé à Rome "de les aider dès que possible".

AFP