Ce discours était attendu, il marque la rentrée politique des institutions européennes et il permet à la Commission d’annoncer les grands dossiers qu’elle veut mettre en oeuvre. Ursula von der Leyen a parlé pendant une heure devant un hémicycle au complet depuis Strasbourg, en France, en présence, et il faut le noter du Premier ministre canadien, Mark Carney. Un symbole du rapprochement en cours entre l’UE et le Canada.
Le bilan est maigre, ce fut une revue en bonne et due forme de tous les dossiers européens de l’année passée. Un seul sujet ressort et est nouveau. La Commission a annoncé une proposition de règlement sur l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, "EU Kid Act", qui devrait être présentée demain.
Les jeunes Européens passent aujourd’hui quatre à six heures par jour devant des écrans, selon la présidente de la Commission. Le futur règlement interdira les réseaux sociaux avant 13 ans et les comptes personnels avant 15 ans. Entre 13 et 15 ans, seuls des mini-comptes supervisés par les parents seront autorisés, avec des fonctionnalités et un temps d’utilisation limités. Entre 15 et 18 ans, les plateformes devront garantir une conception sécurisée.

Peu de climat et rien sur l’énergie
Sur les migrations, la présidente défend le nouveau pacte sur les migrations et le bilan de l’Union sur le sujet. Ursula von der Leyen souligne que les arrivées irrégulières ont diminué de 55 % au cours des deux dernières années, puis encore de 35 % cette année.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, lui répond que les événements de Ceuta indiquent le contraire. "Il y a une perte de contrôle des frontières", conclut-il.
Il accuse également, lors de son intervention, Bruxelles de faire "payer, payer encore et toujours" les Européens, notamment à travers la hausse du prix des carburants, du chauffage et de l’alimentation.
Manon Aubry, députée européenne de La France insoumise, joue sur le même sujet l’ironie : "Madame von der Leyen, vous avez réussi dans votre discours à ne proposer aucune mesure concrète sur le coût de la vie", alors que c’est de loin la préoccupation principale des Européens.
Sur le climat, les mots de soutien aux pompiers de la présidente de la Commission sont moqués par plusieurs députés, car les règlements pour lutter contre le réchauffement climatique ont été affaibli par cette même Commission.

La sécurité et la défense restent un fil rouge
Et comme depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Union européenne s’inquiète et encourage ses membres à se réarmer. Face aux menaces, Ursula von der Leyen estime que l’Europe doit disposer de son propre "article 4", sous la forme d’un protocole de sécurité d’urgence. Son déclenchement par un État membre conduirait les Vingt-Sept à se réunir pour coordonner une réponse européenne.
Elle conclut : "l’Europe défendra chaque mètre carré de son territoire." Sans surprise, elle réitère le soutien européen à l’Ukraine. Ursula von der Leyen appelle les États membres à se fournir en matériel militaire, mais en achetant plus européen.
La présidente de la Commission propose enfin la création d’un Conseil européen de sécurité, associant notamment certains partenaires européens et le Canada.




















