L'archipel est encore marqué par les émeutes de mai 2024 qui ont considérablement marqué le territoire. D’abord par l’ampleur des dégâts, qui se chiffrent à 2,2 milliards d’euros, les emplois perdus et la crise sociale qui a suivi. Mais ces émeutes ont aussi creusé un fossé entre les Kanaks et les Calédoniens d’ascendance métropolitaine.
Ce scrutin est d’autant plus important qu’il va déterminer qui va gérer la Nouvelle-Calédonie pour les cinq années à venir et qui va négocier avec Paris l’avenir institutionnel de l’archipel.
Le vote provincial dans les trois provinces concerne les assemblées régionales, mais détermine aussi directement les rapports de force au Congrès. Les élections locales en Nouvelle-Calédonie influent directement sur la composition de cette assemblée.
Avoir la majorité au Congrès, c’est pouvoir décider des politiques fiscales, éducatives, etc., et disposer d’un poids certain dans les discussions avec Paris sur l’avenir institutionnel de l’archipel du Pacifique.

L’accord de Bougival ayant été rejeté le 2 avril dernier par les députés français.
Et dans ce scrutin, les deux camps en présence portent dans leurs programmes deux avenirs totalement opposés.
Le camp loyaliste veut que le territoire reste français. Il espère transformer le scrutin en démonstration de force pour reprendre la majorité dans les deux provinces à majorité indépendantiste, mais aussi montrer que le camp pro-français constitue la première force politique du territoire.
Les partisans du maintien dans la France se sont unis. Les Loyalistes et Le Rassemblement se sont associés dans le Sud, mais aussi dans la province Nord, une union qui n’avait pas eu lieu depuis 1999.
Ils espèrent une victoire nette pour obtenir des autorités de Paris un maintien confirmé dans le giron français et une ouverture large du corps électoral. Pour ce camp, le troisième référendum sur l’avenir de l’île a scellé l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, qui doit rester française.

Des indépendantistes divisés
En face, les indépendantistes demandent l’indépendance, mais ils partent divisés. Cette division, associée au ras-le-bol de certains électeurs après deux années de crise, pourrait faire pencher la balance vers le camp loyaliste.
L’accord de Bougival de juillet 2025, signé puis rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), a créé des tiraillements dans leur camp.
Pour les partisans de l’indépendance, le risque est double. Une victoire loyaliste pourrait diminuer leur poids dans la bataille institutionnelle avec Paris.
« Les résultats des urnes vont peser sur l’avenir politique de ce pays », a martelé Dominique Fochi, secrétaire général de l’Union calédonienne, lors de la présentation de la liste du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en province Sud, le 1er juin.
Dans le Sud, l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) fait campagne en solo face à une autre liste indépendantiste du FLNKS. La réconciliation n’a pas eu lieu. Un autre groupe indépendantiste fait campagne avec L’Éveil océanien, un parti centriste davantage porté sur les difficultés économiques et sociales.
En fait, certains groupes indépendantistes reprochent au FLNKS, leur structure faîtière, une position trop intransigeante dans les négociations avec Paris.
L’éparpillement des voix indépendantistes est donc possible. Certaines figures politiques assurent que l’union se fera après le scrutin.
Ce 28 juin peut donc rebattre les cartes politiques sur l’archipel et déterminer qui pourra désormais parler au nom du territoire.




















