Le ministère de l'Intérieur a publié ses prévisions pour la journée de demain: à ce stade selon Beauvau, environ 500 actions sont envisagées et plus de 90 manifestations sont en cours de structuration. Et le ministre de l’Intérieur a passé le message, ce sera fermeté totale en cas de débordements ou violence. L’utilisation des grenades assourdissantes a été à nouveau autorisée.
"Les actions de blocages sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels ne seront pas tolérés", a prévenu le ministère.
Le préfet de police de Paris a fait savoir pour sa part qu'aucun accord n'avait été trouvé pour le parcours de la manifestation.

Une convergence des ras-le-bol
Le ton est donné avant cette manifestation qui est un défi sécuritaire et politique pour le gouvernement. Cette convergence des luttes entre lycéens, étudiants, syndicats et le mouvement des Gilets des jaunes qui essaie de se relancer à l’instar de ce qui s’est passé en 2018, est un défi de taille. La manifestation agrège tous ces mouvements autour du pouvoir d’achat mais c’est sans aucun doute beaucoup plus que cela.
Niveau sécurité, le gouvernement a choisi la fermeté. Une cellule interministérielle de crise (CIC) sera mise en place. La CIC permet notamment de suivre les manifestations en temps réel. Créée en 2010, la cellule interministérielle de crise peut être activée en cas de crise majeure sur le territoire national. Ce dispositif réunit l'ensemble des ministères concernés par la crise et permet de travailler les données utiles pour faciliter la prise de décision, précise le site du ministère de l'Intérieur.
On sent les autorités inquiètent, inquiètent de voir revenir un mouvement social comme les Gilets jaunes qui avait duré de 2018 à 2019, inquiètent de voir les lycéens partir en congé de la Toussaint avec la ferme intention de revenir à la rentrée.
Une convergence des ras-le-bol
Politiquement, on sent aussi l’inquiétude moindre du côté des autorités. Que faire face à une manifestation hétéroclite ? Selon une note de renseignement obtenue par la chaîne BFMTV, ce mouvement "hétéroclite" ambitionne une "convergence des luttes", et il réunit notamment des personnes de l'ultra gauche, des "néo-gilets jaunes", des pro palestiniens, des partis de gauche, des lycéens, des étudiants ou encore "des adeptes de la mouvance techno-alternative".
Les syndicats participeront à la manifestation comme Sophie Binet. Selon, la secrétaire-générale de la CGT, la mobilisation du 17 octobre montre "l'ampleur de la colère", a-t-elle déclaré sur France Inter. "Il faut comprendre la gravité de la situation: aujourd'hui, s'acheter des tomates, des courgettes ou faire le plein, ça devient une consommation de luxe. Il y a des millions de travailleurs et des travailleuses qui sont complètement asphyxiés et qui n'arrivent plus à s'en sortir", a-t-elle expliqué.
Un peu d’humour avant cette journée. Le site du parti Les Républicains a été piraté pour afficher un appel à manifester le 17 octobre.
"Nous avons volé toutes les données de votre site et de vos membres ainsi que tous vos échanges internes et messages privés", a-t-on pu lire dans un communiqué des pirates. L’entourage de Bruno Retailleau, président des Républicains annonce porter plainte.




















