FRANCE
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L’UE alerte sur la dette française, attendue au-dessus de 120% du PIB d’ici 2027
La Commission européenne maintient la France sous surveillance budgétaire malgré une croissance limitée et un déficit durablement supérieur aux règles européennes, aggravés par le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient.
L’UE alerte sur la dette française, attendue au-dessus de 120% du PIB d’ici 2027
La Banque de France à Paris

La Commission européenne a averti que la dette publique française devrait dépasser 120% du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2027, sur fond de croissance atone, de hausse des dépenses d’intérêt et de choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient.

Dans ses recommandations économiques de printemps publiées dans le cadre du Semestre européen, Bruxelles prévoit une croissance de 0,8% pour la France en 2026, au même niveau qu’en 2025, avant une légère accélération à 1,1% en 2027.

Le déficit public français est attendu à 5,1% du PIB en 2026, avant de remonter à 5,7% en 2027, un niveau largement supérieur à la limite européenne de 3%. Bruxelles souligne que la hausse de la charge de la dette et l’expiration de certaines mesures fiscales temporaires pèseront sur les finances publiques.

La dette publique française, qui représentait 115,6% du PIB en 2025, devrait atteindre 118,1% en 2026 puis 120,2% en 2027, portée par des "déficits primaires élevés", soit hors paiement des intérêts de la dette, et par l’augmentation des coûts d’emprunt.

Bruxelles considère toutefois que Paris a, "à ce stade", pris des "mesures effectives" dans le cadre de la procédure pour déficit excessif (EDP), désormais maintenue "en suspens". La Commission estime néanmoins que la France risque de ne pas respecter dès 2026 le plafond annuel recommandé de progression des dépenses publiques.

Croissance freinée par le choc énergétique

La Commission estime que la guerre au Moyen-Orient pèsera sur l’économie française via la hausse des prix de l’énergie et de l’inflation, attendue à 2,4% en 2026, après une remontée des prix observée au printemps.

L’activité économique devrait rester limitée malgré le soutien des exportations aéronautiques et de défense, ainsi que la hausse des investissements militaires. Bruxelles prévoit également une augmentation progressive du chômage, qui atteindrait 8,7% en 2027.

L’exécutif européen appelle la France à "respecter la trajectoire corrective" fixée par le Conseil de l’UE, tout en renforçant les dépenses de défense dans un contexte géopolitique dégradé.

Dans ses recommandations, la Commission presse également Paris de réduire durablement les dépenses publiques, jugées parmi les plus élevées de l’Union européenne à 57,2% du PIB en 2025, de simplifier l’organisation administrative et de réformer une fiscalité considérée comme pénalisante pour la compétitivité.

Bruxelles recommande notamment de transférer une partie de la pression fiscale pesant sur le travail et la production vers la consommation et les taxes environnementales. Elle appelle aussi la France à accélérer l’électrification des secteurs les plus émetteurs, à renforcer la gestion de l’eau et à soutenir davantage l’innovation, les PME et les secteurs stratégiques comme la défense et l’aéronautique.

Réforme des retraites et inquiétudes sociales

La Commission note par ailleurs que la réforme des retraites de 2023, suspendue jusqu’en janvier 2028, risque de détériorer davantage les finances publiques et de réduire les effets attendus sur l’emploi et la croissance potentielle.

Le rapport souligne également plusieurs fragilités structurelles en France, notamment la hausse du chômage des jeunes, les difficultés de recrutement dans certains secteurs, la baisse du niveau scolaire en mathématiques et sciences, ainsi que l’augmentation de la pauvreté infantile et du nombre de travailleurs pauvres.

Les recommandations publiées ce mercredi s’inscrivent dans le cadre du "Semestre européen", mécanisme annuel de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres de l’Union européenne.

Tensions géopolitiques

Ces recommandations s’inscrivent dans le cadre du paquet de printemps 2026 du Semestre européen, présenté ce mercredi par la Commission européenne dans un contexte marqué par "l’incertitude géopolitique", les tensions sur les marchés de l’énergie et les préoccupations liées à la compétitivité européenne.

Bruxelles affirme vouloir renforcer "l’autonomie stratégique", la résilience économique et la compétitivité de l’Union européenne, tout en maintenant la soutenabilité des finances publiques.

La Commission souligne que les tensions mondiales, les risques sécuritaires croissants et les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient continuent de peser sur les ménages et les entreprises européennes, notamment via la volatilité des prix de l’énergie et le coût de la vie.

Le vice-président exécutif chargé de la stratégie industrielle, Stéphane Séjourné, a estimé que "la compétitivité de l’Europe commence par les réformes", appelant les États membres à moderniser leurs économies afin de dégager des marges budgétaires pour investir dans les technologies, les compétences et l’industrie.

Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a pour sa part affirmé que "la compétitivité et la viabilité budgétaire vont de pair", jugeant ces deux objectifs essentiels à "la prospérité, la résilience et la souveraineté de l’Europe à long terme".

Les recommandations publiées mercredi s’inscrivent dans le cadre du "Semestre européen", mécanisme annuel de coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres de l’Union européenne.

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SOURCE:TRT français et agences