Une réunion à huis clos, qui s'est tenue en début de semaine entre le président américain Donald Trump et le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a dégénéré en un échange houleux. Un responsable européen l'a qualifiée de “véritable tirade d'insultes”, selon les médias américains.
Politico a rapporté jeudi que cette réunion, qui s'est tenue mercredi, a mis en lumière les tensions croissantes au sein de l'OTAN concernant le conflit iranien.
Lors de la réunion à la Maison-Blanche, Trump a laissé éclater sa frustration, critiquant les alliés européens pour leur refus de soutenir les actions américano-israéliennes contre l'Iran. “Ça a tourné au fiasco”, a déclaré un responsable à Politico.
“La conversation n'était qu'un flot d'insultes”. Les sources ont par ailleurs ajouté que Trump aurait “apparemment menacé de faire à peu près n'importe quoi”, laissant présager d'éventuelles représailles.
Des responsables au fait des discussions ont indiqué que Trump semblait faire pression sur les alliés pour qu'ils contribuent à la réouverture du détroit d'Ormuz, bien qu'un responsable de la Maison-Blanche ait nié toute demande formelle, déclarant: “Comme l'a dit le président Trump hier, l'OTAN a été mise à l'épreuve et elle a échoué… Il n'attend rien de l'OTAN à ce stade et ne lui a rien demandé”.
Trump a déclenché la guerre
Les pays membres de l'OTAN, quant à eux, soulignent que Trump a déclenché la guerre contre l'Iran sans les consulter et qu'aucune attaque contre les États-Unis n'a justifié l'activation du mécanisme de défense collective de l'Alliance.
Les alliés offrent un soutien limité tandis que l'OTAN évite d'agir. Trump a ensuite intensifié ses critiques sur sa plateforme de médias sociaux Truth Social, écrivant: “L'OTAN n'était pas là quand nous avions besoin d'elle, et elle ne sera pas là si nous en avons de nouveau besoin. Souvenez-vous du Groenland, ce grand morceau de glace mal géré !”
Les membres de l'Alliance ont exprimé leur choc l'année dernière lorsque Trump a renforcé ses exigences envers le Danemark – membre de l'OTAN – pour qu'il cède le Groenland aux États-Unis, le président ayant même parfois suggéré le recours à la force.
L'OTAN a invoqué l'article 5, relatif à la défense collective, une seule fois, à la suite des attentats terroristes de 2001 aux États-Unis.
Rutte a reconnu les tensions de cette semaine, mais a défendu l'échange comme étant constructif. “J'ai perçu sa déception face au sentiment qu’il avait que trop d'alliés ne le soutenaient pas”, a déclaré Rutte lors d'une allocution à Washington.
Les dirigeants européens ont par ailleurs manifesté un soutien conditionnel après un cessez-le-feu.Friedrich Merz a déclaré que l'Allemagne pourrait contribuer à sécuriser la navigation après la paix, tandis que Fabien Mandon, chef d’état major de l’armée française, a indiqué que la France envisageait des options “strictement défensives”. John Healey, secrétaire britannique à la Défense, a ajouté que le Royaume-Uni n'avait pas de plan de suivi immédiat.
Malgré ces tensions, les diplomates de l'OTAN à Bruxelles n'ont fait état d'aucune décision opérationnelle à l'issue de la réunion, Rutte cherchant à rassurer quant à la cohésion de l'Alliance.
Les États-Unis et l'Iran ont annoncé mardi un cessez-le-feu de deux semaines, négocié par le Pakistan, comme une première étape vers un possible accord plus large visant à mettre fin au conflit déclenché par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran le 28 février, qui a fait des milliers de morts et de blessés.
Au cours de ses deux mandats présidentiels non-consécutifs, Trump a affiché un mépris et un dédain manifestes envers l'OTAN, et a évoqué à plusieurs reprises la possibilité de quitter l'Alliance.
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