UNION EUROPÉENNE
3 min de lecture
Les premiers pas de l’accord entre l'UE et le Mercosur
En attendant le verdict de la Cour de justice de l'UE sur sa légalité, l’accord entre l’UE et le Mercosur est entré en vigueur aujourd’hui. Il est dénoncé par la France et le monde agricole, mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne.
Les premiers pas de l’accord entre l'UE et le Mercosur
Les dirigeants européens et du bloc sud-américain, mettant fin à plus de 25 ans de négociations, à Asunción, au Paraguay, le 17 janvier 2026. / REUTERS

L'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur aujourd’hui, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs. Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole, mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès aujourd’hui, les droits de douane sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

  • Les tracteurs à Bruxelles

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause : les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des États-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait. Équipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

  • Diversifier les partenariats

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision, là encore, critiquée par la France – son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" – et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence avec les dirigeants des pays du Mercosur.

Lire aussi: Mercosur: le Parlement européen saisit la Cour de justice de l’UE


SOURCE:TRT français et agences
Divers
La réforme de l'asile de l'UE entre en vigueur malgré les critiques en matière de droits de l'homme
Près de 500 anciens dirigeants européens exhortent l'UE à durcir sa position contre Israël
L'UE renforce ses sanctions contre l'économie russe
Plusieurs pays européens demandent des restrictions sur les visas pour touristes russes
L’UE soutient la poursuite des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran
L'UE élabore un nouveau paquet technologique pour réduire ses liens avec les États-Unis et la Chine
UE: 200 millions d’euros d’amende à Temu pour avoir permis la vente de produits illégaux
Plusieurs pays de l'UE demandent des sanctions européennes contre Ben Gvir
Divisée, l’UE reporte sa décision sur les centres migratoires offshore
L’UE appelle à une accélération de la production d'armements
L’UE rétablit sa pleine coopération avec la Syrie
L'UE étudie des solutions face à la menace d'une pénurie de kérosène
L'UE se dit "prête à tous les scénarios" sur les surtaxes américaines sur les voitures
L'UE évoque une coopération de défense face au retrait des troupes américaines d'Allemagne
La guerre au Moyen-Orient coûte plus de 27 milliards d'euros à l'UE en énergie
L'Europe face à une crise énergétique en raison de la guerre contre l'Iran
Des dirigeants du Moyen-Orient attendus à Chypre du sud pour un sommet avec les Européens
Des analystes mettent en garde l'UE contre un éloignement de la Türkiye face aux défis sécuritaires
La population immigrée de l'UE atteint un niveau record de 64,2 millions en 2025
Ukraine: vers le déblocage de 90 milliards d'euros de l’UE