AFRIQUE
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Pétrole: les pays d’Afrique de l’Est discutent d'une raffinerie commune
Le président kényan William Ruto a évoqué jeudi un projet de raffinerie commune au port tanzanien de Tanga, sur le modèle de l'usine nigériane de Dangote.
Pétrole: les pays d’Afrique de l’Est discutent d'une raffinerie commune
L'homme d'affaires Aliko Dangote est prêt à reproduire ce modèle de raffinerie en Afrique de l’Est. / REUTERS

Les pays africains tirent des leçons des tensions nées de l'approvisionnement en hydrocarbures, du fait de l'embrasement du Moyen-Orient. Alors que l’Ouganda s'apprête à exploiter son pétrole via un oléoduc traversant la Tanzanie, l'idée d’une raffinerie commune prospère. Le président kényan William Ruto en est un fervent défenseur.

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“Nous allons construire une raffinerie commune à Tanga, ce qui profitera à tous, car cette raffinerie traitera le pétrole de la RDC (République démocratique du Congo), du Kenya, du Soudan du Sud et de l'Ouganda”, a déclaré M. Ruto lors d'une conférence sur le financement des infrastructures à Nairobi.

Le millionnaire nigérian Aliko Dangote, considéré comme l'homme le plus riche d'Afrique, partage cette proposition. Présent à la conférence, il a affirmé pouvoir reproduire sa raffinerie nigériane d'une capacité de 650 000 barils par jour en Afrique de l'Est. La seule exigence de l’homme d’affaires est le soutien des gouvernements de la région pour le projet.

“Mon engagement aujourd'hui est le suivant : si nous parvenons à un accord avec les trois ou quatre gouvernements présents concernant la raffinerie, nous prendrons les devants et nous veillerons à ce que sa construction ait lieu dans les quatre ou cinq prochaines années”, a assuré Dangote.

L'Afrique de l'Est importe actuellement la totalité de ses produits pétroliers raffinés. Ils viennent principalement du Moyen-Orient, ce qui rend la région vulnérable aux ruptures d'approvisionnement et aux flambées des prix, comme on l'a constaté lors des répercussions du conflit iranien.

L'Ouganda, qui espère démarrer sa production commerciale de pétrole brut cette année, a également annoncé son intention de construire une raffinerie. En 2024, le pays a conclu un accord avec la société Alpha MBM Investments, basée aux Émirats arabes unis, pour développer une usine d'une capacité de 60 000 barils par jour.

Dangote a également indiqué son intention de créer une vingtaine d'usines de mélange d'engrais à travers l'Afrique d'ici 2028. L’objectif est de répondre à la majeure partie des besoins du continent.

Interrogé sur l'introduction en bourse prévue de sa raffinerie nigériane, Dangote a déclaré que les investisseurs africains devraient participer, ajoutant : “Toute l'Afrique devrait investir. Je verserai des dividendes en dollars”.

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SOURCE:TRT français et agences