EUROPE
3 min de lecture
Vers un durcissement de la politique migratoire de l'UE, plus d'expulsions à la clé
Le vote doit être entériné par l’ensemble du Parlement courant mars. Hier, la commission des libertés publiques a approuvé la création de centres de renvois aux portes de l’UE pour les migrants.
Vers un durcissement de la politique migratoire de l'UE, plus d'expulsions à la clé
La police polonaise effectue des contrôles après de la frontière avec la Biélorussie par où des migrants essaient d'entrer dans l'UE / AP
il y a 2 heures

Si le choix est entériné par les députés européens, cela signifiera un net durcissement de la politique migratoire de l’Union européenne.

La commission des libertés publiques a voté ce lundi la possibilité d’envoyer les migrants dont la demande d’asile est rejetée vers des “plateformes de retour”, des centres de rétention situés dans des pays hors de l’UE comme l’avait fait l’Italie avec l’Albanie en 2025.

Le vote a basculé avec une alliance du groupe conservateur majoritaire et l’extrême droite dont les voix du Rassemblement national français.

Un Français a orchestré cette alliance,  l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, “après des mois de négociations, ce vote va nous permettre de reprendre le contrôle sur la politique migratoire, afin de faire en sorte que ceux qui sont irrégulièrement sur le sol de nos pays soient enfin reconduits”, s’est-il félicité. 

Les camps extraterritoriaux, centres de retour, ou centre d’expulsion, quel que soit le nom donné, doivent accueillir les demandeurs d'asile déboutés qui attendent d'être renvoyés dans leur pays d'origine. Ils marquent un changement radical de la politique migratoire européenne.

En RelationTRT Français - Traversée de la Manche: 119 migrants secourus en mer par les autorités françaises

La mesure doit compléter l’ensemble des nouvelles règles de gestion de l’immigration du pacte asile et migration (2024), qui doit entrer en vigueur d’ici trois mois. Ce pacte durcit la politique migratoire des pays européens et l’harmonise, un peu plus, pour éviter les demandes d’asile déposées dans plusieurs pays.

20% des migrants retournent chez eux 

Les retours sont très faibles pour les migrants arrivés en Europe: c’est l’un des arguments mis en avant par les défenseurs de ce texte. Avec cette nouvelle mesure, les eurodéputés souhaitent renforcer les possibilités d’expulsion. 

Les départs volontaires seront encouragés, dit le texte, mais si les personnes refusent de quitter le territoire européen, elles risquent d’être détenues dans des centres de rétention hors Union européenne ; et ce, jusqu’à vingt-quatre mois. 

Les ONG de défense des migrants critiquent ce nouveau texte. Sarah Chander, directrice de l’Equinox Initiative for Racial Justice pointe du doigt l’ironie de ce choix, “l’Union européenne met discrètement en place un cadre d’expulsion similaire à celui de l’ICE”, le service américain de l’immigration et des douanes.

Plusieurs pays membres veulent plus de dureté

Le durcissement des règles migratoires de l’Union européenne est lié à la demande générale des États membres d’avoir des règles plus strictes et plus harmonisées. Certains membres comme les Pays-Bas, la Hongrie ou l’Allemagne ont défendu ces derniers mois une ligne dure. 

En RelationTRT Français - "Similaire à l'ICE": des ONG dénoncent la nouvelle politique migratoire de l'UE

Cinq pays européens, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas se sont réunis à Bruxelles le 5 mars pour s’organiser pour trouver des pays tiers qui accepteraient les migrants déboutés de leurs demandes. C'est la première fois qu'un groupe d'États membres de l'UE est constitué pour préparer ce genre de projet très controversé.

Les Pays-Bas ont déjà signé un accord en septembre 2025 avec l’Ouganda pour y créer un centre de retour.

SOURCE:TRT français et agences