G20: L’Afrique du Sud résiste au “diktat” américain
Annonce surprise dès le début du sommet du G20 d’une déclaration commune intégrant les préoccupations des pays du sud entre autres. . L’Afrique du Sud a résisté au diktat des Etats-Unis.
La tension entre les Etats-Unis et l’Afrique du sud qui avait atteint un pic avec le boycott américain du G20 du week-end dernier à Johannesburg joue les prolongations.
Au lendemain de cette assise des 20 plus grandes économies du monde, la Maison Blanche a déclaré que l'Afrique du Sud refusait d’organiser une transition en douceur de sa présidence du G20 aux États-Unis. Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a annoncé qu'il céderait le témoin de la présidence aux États-Unis “à un niveau approprié”.
A en croire Ronald Lamola, les États-Unis souhaitaient que la passation de témoin se fasse par l'intermédiaire du chargé d'affaires de leur ambassade en Afrique du Sud. Une option rejetée par Pretoria qui a préféré surseoir à cette exigence protocolaire en attendant que les conditions soient réunies.
“Maintenant qu'ils ont désigné un responsable, nous avons indiqué que le DIRCO (Direction des relations internationales et de la coopération, NDLR) dispose de fonctionnaires équivalents, par conséquent… nous procéderons à la passation de pouvoir… dans les bureaux du DIRCO à partir de lundi”, a déclaré le ministre sud-africain des Affaires étrangères.
Nous leur accorderons le même respect en veillant à ce que la personne qui effectuera la passation de pouvoir soit une personne compétente et à la hauteur de la charge,” a-t-il déclaré. Nous avons simplement précisé que notre président ne peut pas céder ses fonctions à un chargé d'affaires lors du sommet des chefs d'État auquel participent tant de chefs d'État”
Au sujet du sommet du G20 proprement dit, l’Afrique du Sud a réussi à faire adopter dès l'entame de l’assise, une déclaration consensuelle, présentée par le président Ramaphosa comme une “grande victoire” malgré l'hostilité de l’Argentine.
Les objections américaines
Pretoria a ainsi profité de sa présidence du G20 pour promouvoir un programme étroitement aligné sur les priorités des pays du Sud: la résilience climatique, la viabilité de la dette et une plus grande valorisation locale des minéraux critiques.
La porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a déploré l’attitude de l’Afrique du Sud “malgré les objections constantes et fermes des États-Unis”.
Après l’Afrique du sud, le G20 de 2026 se réunira aux Etats-Unis avec le risque de “neutraliser” les acquis de Pretoria au moyen d’un agenda promouvant la dérégulation de l’économie et le climato-scepticisme notamment.
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