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L’Afrique du Sud dans le viseur de Trump
L’Afrique du Sud est devenue une cible privilégiée de l’administration Trump qui ne fait pas l'économie des menaces, critiques et sanctions. Le reste du continent attend la vision africaine de Trump.
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L’Afrique du Sud dans le viseur de Trump
L'ambassadeur d'Afrique du Sud expulsé aux États-Unis, Ebrahim Rasool, est accueilli à son arrivée à l'aéroport international du Cap, au Cap, en Afrique du Sud, le 23 mars 2025. REUTERS/Esa Alexander / TRT Afrika
16 avril 2025

Avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump comme 47e président des États-Unis, les relations avec l’Afrique du Sud ne sont pas au beau fixe, laissant planer le doute sur la politique africaine de la nouvelle administration américaine.

Le point culminant de ces tensions diplomatiques a été atteint le 13 mars dernier avec l’expulsion de l’Ambassadeur sud-africain aux Etats-Unis, Ebrahim Rasool. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio déclarait alors l'ambassadeur d'Afrique du Sud aux États-Unis persona non grata. 

 

Lors d'un webinaire organisé par l'Institut sud-africain Mapungubwe pour la réflexion stratégique, Rasool avait accusé Trump de poursuivre des politiques et des pratiques que l'ambassadeur a désignées comme “une réponse suprématiste blanche à la diversité démographique croissante aux États-Unis”.

Ebrahim Rasool “nourrit les tensions raciales, hait les États-Unis et hait le président”, a écrit dans la foulée Rubio sur X.

L’implication de l’Afrique du Sud à la CIJ

Pour Mohamed Mbodj, professeur d’histoire africaine à Manhattanville College de New York, la réaction américaine exprime d’abord une gêne à peine contenue du fait d’abord de l’implication sud-africaine dans le dossier de la plainte contre Israël à la CIJ. 

“C’est une plainte qui tranche avec les traditionnelles plaintes des pays arabes, venant d’un pays africain respectable, connu pour sa tolérance, le respect des droits de l’homme, la stature de Nelson Mandela”, explique Mohamed Mbodj. “Il y a un niveau moral assez élevé qui a porté un coup à Israël et par ricochet au soutien américain d'Israël”, poursuit-il. 

L’implication de l’Afrique du Sud dans les Brics, “une organisation qui s’appuie sur le multilatéralisme”, constitue l’autre pomme de discorde.

D’après cet analyste, “cela porte un coup à la volonté des États-Unis de démanteler le multilatéralisme afin de coopérer directement avec les États.  L’implication sud-africaine est un obstacle à cette politique, d’autant plus que le pays dispose de technologie adossée à un système de recherche scientifique idoine”. 

Outre le soutien à la cause palestinienne et le leadership dans les Brics, il y a lieu de relever la présence autour de Trump d’un ensemble de leaders nés ou ayant grandi en Afrique du sud et “moulés dans un environnement de suprémacisme blanc”, selon l’Humanité. 

En dehors d’Elon Musk, patron de X et Tesla,  dont le père était un raciste convaincu selon son biographe Walter Isaac, il faut ajouter Peter Thiel le cofondateur de Paypal, réputé comme étant un défenseur du régime d’apartheid alors qu’il était étudiant à l’université Stanford.

David Sacks, l’autre cofondateur de paypal partage les mêmes affinités avec ce quatuor qui comprend aussi Roelof Botha. Le petit-fils de Pik Botha, l’ancien ministre des Affaires étrangères du dernier gouvernement du régime d’apartheid, est investisseur en capital-risque et chef d'entreprise. 

Ce quatuor a-t-il poussé Trump à être hostile à la politique de l’ANC prônant “une espèce de réconciliation nationale et de redistribution des terres en faveur des Africains marginalisés pendant l’apartheid” ? Pour l’historien, ce sont des “hypothèses à vérifier”. Toujours est-il que Trump qualifie “d’injuste” la politique sud-africaine de redistribution des terres au point de proposer aux afrikaners l’exil aux États-Unis.

Reste que l’Afrique du Sud demeure l’un des leaders sur le continent. Sa démarche est scrutée avec beaucoup d’attention par les autres pays. Et le traitement que l’administration Trump réserve à Pretoria pourrait être vu comme un avertissement à d'autres pays africains.

Mohamed Mbodj estime que cela pourrait se traduire par: “Ne venez pas sur mes platebandes, occupez-vous de vos propres affaires, négociez individuellement, n’ayez pas une perspective panafricaine, ne sortez même pas du cadre de l’Afrique comme le fait l’Afrique du Sud”.

Pour le moment, face aux États-Unis, l’Afrique du Sud et le reste du continent font profil bas, préférant la voie diplomatique.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a, du reste, annoncé la nomination de l'ex-ministre adjoint des Finances Mcebisi Jonas comme envoyé spécial à Washington.

En tant que représentant du président et du gouvernement sud-africain, Jonas est "chargé de promouvoir les priorités diplomatiques, commerciales et bilatérales de l'Afrique du Sud", a indiqué un communiqué du bureau de Ramaphosa lundi, alors que le reste des pays du continent sont encore dans l'expectative concernant la vision africaine de Trump.

Lire aussi: États-Unis: l'Afrique du Sud “regrette” l’expulsion de son ambassadeur





SOURCE:TRT Français
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