La République démocratique du Congo passe à la vitesse supérieure dans le processus de rapatriement des 500 restes humains conservés dans les musées en Belgique.
Kinshasa a adressé une correspondance à Bruxelles dans ce sens, selon le quotidien flamand De Morgen.
Judith Suminwa Tuluka, Première ministre de la RDC, dans un courrier destiné à son homologue belge Bart De Wever, met en exergue la dignité due à toute personne.
"Les morts doivent pouvoir reposer dans la dignité dans leur pays d’origine et ne peuvent pas être considérés comme de simples objets de collection", écrit la dirigeante congolaise. Elle fait aussi référence à la dent de Patrice Lumumba, unique relique du regretté Premier ministre de RDC, restituée en 2022. C’était un "geste important de reconnaissance historique et de respect pour la dignité humaine", souligne-t-elle.
Absence de cadre juridique
Bruxelles se dit favorable au principe de restitution, tout en mettant en avant la nécessité d’adopter un cadre juridique approprié.
En l’absence de ce cadre, le gouvernement belge est longtemps resté immobile. Néanmoins, il y a un frémissement perceptible à Bruxelles. La ministre de la Politique scientifique, Vanessa Matz, s'active. Elle voudrait faire aboutir un projet de loi encadrant spécifiquement la restitution de restes humains, rapporte le quotidien belge Le Soir. Un projet de loi qui "doit encore être affiné", précise-t-elle.

Le contexte en Belgique semble favorable en ce moment à la restitution des restes humains de la RDC et d’autres pays comme le Rwanda et le Burundi. L’implication des milieux artistiques et intellectuels est perceptible. C’est ainsi que le Musée royal d’Afrique centrale, le MRAC, a lancé le projet HOME. Il vise une évaluation "approfondie du contexte historique, scientifique et éthique des restes humains présents dans les collections belges", explique le MRAC sur son site internet.
L'objectif est d'éclairer les décideurs politiques et les parties prenantes sur les destinations finales possibles des restes humains.
Au bout du processus, la Belgique compte tourner une page obscure de son passé colonial. En RDC, au Rwanda et au Burundi, les morts pourront enfin reposer dignement sur leurs terres d’origine. Ils cesseront ainsi d'être de vulgaires pièces de collection piégées dans des musées belges.



















