MOYEN-ORIENT
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Palestine: la France veut expulser un représentant du BDS
L'activiste palestino-égyptien Rami Shaath, cofondateur de la branche égyptienne du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), risque l'expulsion de France.
Palestine: la France veut expulser un représentant du BDS
Rami Shaath, cofondateur de la branche égyptienne du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) / Others

L’avocate du militant palestinien alerte sur la situation de son client. Damia Tahraoui a déclaré que la police de Nanterre l'avait informée de son intention d'entamer une procédure d'expulsion à l’encontre de Rami Shaath. Une commission doit examiner son cas le 21 mai, mais les autorités peuvent prononcer et exécuter un arrêté d'expulsion à tout moment, a-t-elle précisé.
La police française de Nanterre fonderait son enquête sur les liens de Shaath avec des militants et des groupes pro-palestiniens en France, notamment "Urgence Palestine", qu'il a cofondé après le génocide de Gaza. De ce fait, il serait une menace pour l’ordre public.

Rappelons que l’autre fondateur d’Urgence Palestine, Omar Alsoumi, est sous contrôle judiciaire et qu’un procès pour apologie du terrorisme est en cours.

Comme pour Omar Alsoumi, les autorités françaises lui reprochent ses déclarations lors des nombreuses manifestations pour Gaza ou la Palestine. Rami Shaath répond qu’il n’a fait que demander un cessez-le-feu et des sanctions internationales contre Israël.

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Un retour en Égypte impossible

Shaath, fils de Nabil Shaath, homme politique et négociateur palestinien de haut rang, a passé près de 900 jours en détention en Égypte entre 2019 et 2022.
Le régime égyptien de Sissi l'accusait d’"incitation au trouble contre l'État". Les autorités égyptiennes l'ont ensuite libéré et transféré en France à condition qu'il renonce à sa nationalité égyptienne.

Dans un communiqué, Ramy Shaath dénonce l’acharnement qu’il subit. Il a été accusé d’apologie du terrorisme ; cette accusation est tombée devant le tribunal, et son titre de séjour n’a alors pas été renouvelé, alors qu’il est marié à une Française et père d’enfants français.

Dans le prolongement de cette politique, la préfecture de Nanterre souhaite l’expulser du territoire en le qualifiant de "grave menace à l'ordre public" français.

Il conclut son communiqué du 16 mai ainsi : “J'ai consacré toute ma vie à affronter le colonialisme et la tyrannie. J'ai subi de nombreuses formes de répression. J'ai été arrêté et emprisonné en Égypte sans aucun fondement juridique, dans une tentative de m'empêcher de dénoncer l'injustice, l'oppression et l'exploitation. Ces tactiques autoritaires ne m'ont pas intimidé hier, et elles ne m'intimident pas aujourd'hui. Tant qu'il me restera un souffle, je crierai : Free Palestine.”

Une pétition a été lancée pour demander la suspension de cette procédure. Elle est adressée à Emmanuel Macron.

SOURCE:TRT Français