Le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a été accusé d’antisémitisme après avoir fait une plaisanterie sur la prononciation du nom du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein lors d’un meeting à Lyon jeudi. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé "un délire complotiste aux vrais relents antisémites".
Lors de ce meeting pour soutenir la candidate Anaïs Belouassa-Cherifi, Mélenchon a longuement critiqué la presse. Mais c’est son intervention sur le traitement médiatique de l’affaire Epstein qui a provoqué la polémique. Il a notamment ironisé sur la prononciation du nom : "S’il s’agit de l’affaire Epstein… Je voulais dire ‘Epstine’ pardon, ça fait plus russe ‘Epstine’. Alors maintenant, vous direz ‘Epstine’ au lieu d'‘Epstein’, ‘Franckenstine’ au lieu de ‘Frankenstein’.
Emmanuel Macron a partagé une vidéo sur le réseau social américain X, légendée "C’était il y a 15 jours…". Dans cet extrait, prononcé lors d’une cérémonie d’hommage à Ilan Halimi le 14 février, il a averti : "L’antisémitisme d’extrême-gauche qui veut substituer à la lutte des classes une supposée lutte des races dans de glaçants amalgames et qui le dispute à celui de l’extrême droite et ses clichés sur la puissance et la richesse."
"Toutes ces expressions contemporaines de l’antisémitisme qui se recomposent et se combinent avec ces formes plus anciennes rendent possible l’inacceptable banalité du mal.", a-t-il conclu.
"Un élève de 5e sait qu’en anglais, ‘Epstein’ se prononce Epstine. Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites." a réagit de son côté Yonathan Arfi, président du Crif, sur X.
De son côté, Aurore Bergé, ministre française déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a dénoncé : "Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en 3 lettres : L-F-I. Pas une voix pour ces antisémites."
Les critiques ont également afflué à gauche. L’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a fustigé Mélenchon, tandis que Olivier Faure a estimé : "Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux." Marine Tondelier et Laurence Rossignol ont également exprimé leur indignation.
En réponse à la polémique, la députée européenne Manon Aubry a précisé sur BFMTV que Mélenchon visait à dénoncer le "sous-traitement médiatique" de l’affaire et non la prononciation du nom. Mélenchon a lui-même dénoncé sur X "la consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme", estimant que "l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet".















