FRANCE
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Émeutes en Nouvelle-Calédonie: des plaintes déposées contre le gouvernement français
Six indépendantistes ont porté plainte devant la Cour de justice de la République (CJR) contre quatre ministres pour dénoncer les conditions de leurs arrestations en juin 2024 en Nouvelle-Calédonie et leurs transferts en prison dans l'Hexagone.
Émeutes en Nouvelle-Calédonie: des plaintes déposées contre le gouvernement français
Les militants emprisonnés par les autorités françaises ont été considérés comme des prisonniers politiques

L’information a été révélée par Mediapart. La plainte a été déposée devant la commission des requêtes de la CJR, seule juridiction à même de juger des membres du gouvernement pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions.

Elle vise Gabriel Attal, Premier ministre au moment des faits, ainsi que Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Sébastien Lecornu, alors respectivement ministres de l'Intérieur, de la Justice et des Armées, pour "actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle", "abus d'autorité aggravé" et "association de malfaiteurs en vue de la préparation de ces infractions".

Les plaignants font partie de la CCAT, cellule émanant des partis indépendantistes et chargée d’organiser les actions de terrain. Les autorités françaises rendent cette cellule responsable des violences commises durant les émeutes de mai 2024.
La CCAT a organisé le blocage des ronds-points et routes après l’ouverture du corps électoral aux résidents venus de métropole, ce que les indépendantistes ont dénoncé comme une "recolonisation".
Les membres de la CCAT contestent avoir appelé ou incité à la violence.

La Cellule de coordination des actions de terrain "est un groupe mafieux, qui veut manifestement instaurer la violence", déclarait encore en mai 2025 le ministre de l’Intérieur Darmanin.

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Un transfèrement illégal vers la métropole?

Au plus fort des émeutes de 2024, le 19 juin 2024, tous les dirigeants de la CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain) ont été arrêtés et, le 22 juin, onze militants ont été arrêtés, accusés d’inciter à la violence, placés en détention et, pour certains, envoyés aussitôt en métropole à des milliers de kilomètres de leurs familles.

Une opération qui devait servir de mise en garde, c’est du moins l’avis des plaignants. "Cette opération a été décidée antérieurement à toute décision des juges d'instruction et du juge des libertés et de la détention du tribunal de Nouméa (...) pour des motifs de nature exclusivement politique et non pas judiciaire : neutraliser les leaders indépendantistes kanak, notamment Christian Tein", estiment-ils.

"Si les faits que nous dénonçons sont avérés - et nous en avons des preuves - c'est une affaire d'Etat que la justice devra instruire. Et les ministres responsables devront en répondre", a affirmé François Saint-Pierre, l'un des avocats mobilisés.

La CCAT accusée d’avoir appelé à la violence

Cette plainte fait suite à un non-lieu général ordonné début juin 2026 par des juges d'instruction parisiens en faveur de Christian Tein (devenu depuis le président du principal parti indépendantiste, le FLNKS) et des militants kanak de la CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain), mouvement à l'origine de la mobilisation en 2024. Le Parquet a fait appel de cette décision.

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14 personnes ont été tuées durant ces émeutes lors de face-à-face entre émeutiers et gendarmes, voire riverains.

Les manifestations contre l’ouverture du corps électoral aux nouveaux résidents de Nouvelle-Calédonie ont tourné à l’émeute avec des magasins et des maisons incendiées, des pillages et des semaines de tensions dans l’archipel.

SOURCE:TRT français et agences