La sortie des Émirats arabes unis constitue un coup dur pour le groupe de producteurs de pétrole dans un contexte de fortes perturbations dues à la guerre en Iran.
Les Émirats arabes unis ont déclaré que cette décision visait à se concentrer davantage sur leurs "intérêts nationaux". Cela pourrait se traduire par une augmentation de la production émiratie, le pays ayant plusieurs fois critiqué les quotas de production imposés par l’OPEP.
L’OPEP, où l’Arabie saoudite a une voix prépondérante, impose ces dernières années des quotas stricts de production pour maintenir les cours du pétrole à un niveau proche des 100 dollars le baril.
"En se libérant des quotas rigides de l’OPEP, les Émirats arabes unis gagnent en flexibilité pour augmenter de manière agressive leur production selon leurs propres conditions", explique le Wall Street Journal. L’émirat compte investir notamment dans des oléoducs terrestres pour contourner le détroit d’Ormuz.
Aujourd’hui, les Émirats arabes unis produisent environ 3,5 millions de barils par jour (mbj). Selon David Oxley, expert chez Capital Economics, "lorsque les flux énergétiques reviendront à la normale, le départ de l’OPEP+ pourrait conduire les Émirats arabes unis à pomper 1 million de barils supplémentaires".
L’OPEP perd donc son quatrième plus gros producteur.
Au sein de l’OPEP, les Émirats arabes unis ne sont pas un membre de seconde importance : ils sont le quatrième producteur derrière l’Arabie saoudite, la Russie et l’Irak.
Si les conséquences du départ des Émirats ne se verront que lorsque le détroit d’Ormuz sera à nouveau libre à la circulation, cela devrait certainement se traduire par "un affaiblissement structurel de l’OPEP", selon Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, interrogé par l’AFP.
"Avec l’Arabie saoudite, c’est l’un des rares membres à disposer d’une capacité de réserve significative — le mécanisme par lequel le groupe exerce son influence sur le marché", dit-il à l’AFP.
En d’autres termes, le marché pétrolier jusqu’ici très structuré va devenir multipolaire, avec l’OPEP, les Émirats arabes unis et les États-Unis comme producteurs indépendants de poids ; ce sera de fait un marché plus volatile.
Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler, une société spécialisée dans les données sur les matières premières, va plus loin dans son analyse dans le Wall Street Journal : "C’est le coup le plus dur jamais porté" à l’organisation. "Cela soulève la question de savoir si l’OPEP peut survivre."
Le départ des Émirats arabes unis pourrait inciter d’autres pays à quitter le navire, comme le Qatar l’a fait en 2019, et surtout, le départ d’un gros producteur limite la capacité de l’OPEP à contrôler le prix du pétrole.
Fondée en 1960, l’OPEP, qui réunit actuellement, dans l’attente du départ émirati, 12 membres sous la houlette de Riyad, a noué en 2016 une alliance avec dix autres pays, dont Moscou, sous la forme d’un accord appelé OPEP+, dans l’optique de limiter l’offre et de soutenir les cours face aux défis posés par la concurrence américaine.














