Sébastien Lecornu a annoncé ces mesures à l’issue d’une réunion de crise consacrée aux violences qui ont touché plusieurs villes françaises. Le Premier ministre a précisé que les couvre-feux seraient ciblés sur les secteurs les plus exposés afin d’empêcher de nouveaux pillages et débordements.
Les manifestations du 17 octobre, initialement portées notamment par des lycéens et des mouvements sociaux autour du coût de la vie et de la dégradation des services publics, avaient rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes. Une grande partie des rassemblements s’est déroulée pacifiquement, mais des groupes violents ont commis des dégradations, incendié des bâtiments et attaqué les forces de l’ordre dans plusieurs villes.
Selon les autorités françaises, plus de 1 200 personnes avaient été interpellées au lendemain des manifestations, tandis que plus de 150 policiers avaient été blessés. Le bilan des arrestations a depuis dépassé les 2 000 personnes, selon l’Associated Press.
Ces annonces interviennent alors qu’Emmanuel Macron a refusé lundi la démission de son ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, qui avait proposé de quitter ses fonctions après les violences. Le président a estimé que la continuité du commandement des forces de sécurité était nécessaire dans le contexte actuel.
Le chef de l’État a par ailleurs demandé aux préfets, en concertation avec les maires, de prendre les mesures nécessaires pour rétablir l’ordre, y compris des interdictions de certains rassemblements. Il a toutefois insisté sur la nécessité de ne pas confondre les manifestants pacifiques et les auteurs des violences.

Bruxelles rappelle la protection du droit de manifester
Dans ce contexte, l’Union européenne souligne que la liberté de réunion pacifique constitue un droit fondamental. L’article 12 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE garantit à chacun le droit de participer à des rassemblements pacifiques, tout en permettant des restrictions prévues par la loi lorsqu’elles sont nécessaires, notamment pour protéger la sécurité publique.
En France également, la liberté de manifestation bénéficie d’une protection constitutionnelle. Son encadrement doit notamment être proportionné aux nécessités liées au maintien de l’ordre public, selon une réponse officielle du ministère français de l’Intérieur publiée au Sénat.
Le gouvernement français affirme ainsi vouloir maintenir une distinction entre le droit de manifester et les actes de violence.
Lecornu a déclaré que les manifestations pacifiques avaient “toute leur place” dans la République, tout en condamnant les incendies, les pillages et les attaques.



















