FRANCE
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Ras-le-bol des maires de France après les pillages
L'Association des maires de France appelle à un rassemblement ce midi, devant les mairies, pour dénoncer les attaques du week-end contre les institutions démocratiques.
Ras-le-bol des maires de France après les pillages
Une rue de Marseille ce dimanche qui a été en partie pillée

La mairie de Limoges a été ravagée par le feu, tandis que des mairies ont été attaquées à Marseille (Bouches-du-Rhône) et à Lille (Nord). Plusieurs bâtiments publics ont été pris pour cible ce samedi 17 octobre par des pilleurs-casseurs. À Lyon, l'office de tourisme a été incendié. Les maires ont également observé les pillages de magasins, parfois de rues entières, comme à Marseille.

Ces scènes de violence se sont poursuivies dans de grandes villes ce dimanche. Alors qu'Emmanuel Macron s'adressait aux Français, des affrontements avaient notamment lieu autour de la place de la République et du quartier de Châtelet, à Paris, ainsi qu'à Lyon et à Marseille.

"L'AMF condamne totalement ces agressions et ce vandalisme, dont la violence franchit un seuil inacceptable, à l'occasion de manifestations qui, elles, ont respecté l'ordre public", écrit l'association dans un communiqué.

Des rassemblements sont prévus ce midi dans de nombreuses villes, y compris dans des communes qui n'ont pas été touchées par des pillages ce samedi.

Ainsi, les mairies d'Évry-Courcouronnes, de Sainte-Geneviève-des-Bois et de Juvisy-sur-Orge ont appelé leurs habitants à se rassembler devant leurs mairies respectives. "Rien ne peut justifier les pillages de commerces, les violences contre les représentants des forces de l'ordre et des pompiers, les dégradations et les attaques contre nos bâtiments publics, symboles de notre République", s'indigne Frédéric Petitat (PS), maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, sur les réseaux sociaux, appelant à une condamnation ferme.

"Nous sommes la honte de l'Europe"

Les maires de Lyon, de Paris et de Marseille étaient invités de la chaîne BFMTV ce matin. Ils demandent à être reçus par Sébastien Lecornu, le Premier ministre. Grégory Doucet, maire de Lyon (Les Écologistes), a appelé ce matin à "apporter des réponses très rapides" aux "centaines de commerçants qui ont vu leur magasin pillé et attaqué" à Lyon, ainsi qu'aux autres commerçants dont les magasins ont été dégradés en France.

Il tacle le gouvernement, qui accuse l'extrême gauche d'être responsable. "Plutôt que de regarder ce qu'on devrait faire de plus en matière de répression et d'encadrement, est-ce qu'on ne pourrait pas se dire qu'il vaut mieux prévenir que guérir et agir enfin concrètement sur les attentes formulées par les manifestants", estime l'édile.

Le maire de Marseille, Benoît Payan (divers gauche), n'est guère plus tendre avec les autorités. Invité ce matin sur BFMTV, il regrette que "les forces de l'ordre ont été dépassées parce qu'elles n'étaient pas en nombre et qu'elles n'étaient pas organisées". Il évoque un "fiasco sécuritaire". Il rappelle la situation vécue à Marseille, marquée par des "scènes de violences absolument inouïes". "Nous sommes la honte de l'Europe ce matin", a-t-il conclu.

Le maire de Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire, a enfoncé le clou. Il pointe du doigt la stratégie du gouvernement, qui a choisi le "pourrissement" du mouvement des lycéens en espérant le voir s'essouffler.

En Île-de-France, près entre 300 et 400 magasins ont été pillés, selon le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France.

SOURCE:TRT français et agences