FRANCE
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Discours aux Armées d'Emmanuel Macron: un budget doublé en 10 ans
10e et ultime discours aux Armées d'Emmanuel Macron à la veille de la Fête nationale. Le président français a salué le réarmement de la France pour atteindre "l'autonomie stratégique".
Discours aux Armées d'Emmanuel Macron: un budget doublé en 10 ans
Emmanuel Macron lors de son dernier discours aux Armées à Paris qui s'est terminé par une Marseillaise

C'est depuis l'Hôtel de Brienne, à Paris, qu'Emmanuel Macron a prononcé son ultime discours aux Armées, une allocution qui a duré 27 minutes.

Le président a d'emblée insisté sur l'idée de l'autonomie stratégique, un concept développé par le général de Gaulle après la Seconde Guerre mondiale avec la dissuasion nucléaire.

Emmanuel Macron reprend cette idée avec le développement des capacités militaires de la France. "Une armée statique est une armée défaite", insiste-t-il.

Et la preuve la plus évidente de ce choix est bien sûr l'augmentation du budget des Armées. "En 2025, je demandais d'aller plus vite dans le réarmement."

La France a en effet doublé le budget de ses armées en dix ans. En 2027, ce budget atteindra 75 milliards d'euros et une enveloppe supplémentaire de 36 milliards d'euros a été votée par les députés pour la période 2027-2030.

Ce réarmement passe par différentes mesures, comme l'augmentation des stocks de munitions, la défense spatiale, la dissuasion nucléaire ou encore l'amélioration des capacités de combat (IA, développement des drones).

Cette actualisation doit produire des effets concrets dès 2026. Le chef de l'État promet de veiller à ce que cet engagement financier soit respecté, "à l'euro près".

Le président appelle l'industrie de défense à se mobiliser, à innover, à produire plus vite et à mobiliser les prêts européens. La guerre en Ukraine montre que le flux est la stabilité stratégique, seule la capacité de produire permet d'avancer, selon Emmanuel Macron.

"L'Ukraine nous a donné une leçon spectaculaire", rappelle le chef de l’Etat.

En RelationTRT Français - Les députés français votent une hausse du budget des armées

Un appel au réveil stratégique de l'Europe

Emmanuel Macron souligne également les choix stratégiques de la France.

"Paris tient une ligne claire, la ligne de la non-belligérance dans les conflits qu'elle n'a pas choisis, la ligne du respect du droit international", résume-t-il, tout en insistant sur l'importance des interventions en cours à l'étranger, comme en Estonie, au Liban ou encore en Irak.

"Dans ce brouillard de la guerre, la France n'est pas seule", lance le chef de l'État, car ce réarmement s'accompagne d'une multiplication des initiatives entre pays européens.

Emmanuel Macron rappelle que la France sait proposer et générer des coalitions, comme la coalition des Volontaires créée pour aider à maintenir la paix après la fin de la guerre en Ukraine, qui doit se réunir ce lundi vers 17 h 00 à Paris. Vingt-cinq des 32 nations de cette coalition des Volontaires défileront demain sur les Champs-Élysées à l'occasion du défilé du 14 Juillet.

Le président français plaide depuis plusieurs années pour une Europe de la défense qui, depuis la guerre en Ukraine, semble faire être un concept accepté et soutenu par une majorité d’états européens.

La France a aidé à "orchestrer un réveil stratégique", se félicite-t-il. L'Europe est en train de devenir une puissance, selon lui, en s'appuyant sur ses différentes nations. En agissant unis, "cela nous rend plus forts".

Mais le président français marque des signes de frustration, ils souhaite une impulsion plus forte, tout va trop lentement pour le chef de l'État. "Je regrette profondément l'échec du SCAF (projet d’avion de combat franco-allemand), mais nous devons aller plus vite et innover. Avançons sur des projets multiples, avançons sur la technologie (...) nous devons bâtir en Européens !"

Ce discours est ponctué d’élans combatifs: "Ce sont les guerres d'aujourd'hui que nous devons gagner." En Ukraine, au Moyen-Orient, dans l'Indo-Pacifique, "cela déterminera notre capacité à tenir les enjeux de 2030", pour terminer avec un ton très sérieux.

"La paix est notre but" (...), soutient Emmanuel Macron, mais "au prix du sang s'il le faut".

Le président français joue aussi avec les références politiques en se plaçant dans l’ombre de François Mitterrand, et sa célèbre déclaration devant le Parlement européen le 17 janvier 1995 : "Le nationalisme, c'est la guerre", afin de rappeler les dangers des partis d'extrême droite.

Emmanuel Macron insiste sur la fierté qu'il éprouve à l'égard des armées, ainsi que sur sa fierté de voir les premiers volontaires du nouveau service national arriver en septembre prochain, mais il met en garde contre ce qui pourrait affaiblir l'Europe.

"Le patriotisme, oui, le nationalisme jamais", telle est la ligne qu'Emmanuel Macron souhaite pour la France.

SOURCE:TRT FRançais