Selon le chef de la diplomatie omanaise, dont le pays a joué un rôle de médiateur dans les discussions tenues jeudi à Genève entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a accepté de ne jamais constituer de stocks d’uranium enrichi. Il a qualifié cet engagement de percée majeure susceptible d’écarter le risque d’un conflit armé avec les États-Unis.
“Si l’objectif ultime est de garantir, de façon permanente, que l’Iran ne puisse pas se doter de l’arme nucléaire, je pense que ces négociations ont permis de résoudre ce problème grâce à une avancée très importante, inédite jusqu’à présent”, a affirmé Badr Albusaidi dans l’émission “Face the Nation” sur CBS News.
“Si nous parvenons à consolider cet acquis et à aller plus loin, un accord est à portée de main”, a-t-il ajouté.
Le ministre a précisé que l’Iran ne serait pas autorisé à conserver des réserves d’uranium enrichi et que des mécanismes de vérification seraient instaurés. Les stocks existants seraient ramenés “au niveau le plus bas possible”, puis convertis en combustible nucléaire, un processus qu’il a décrit comme “irréversible”.
“C’est totalement inédit. Cela rend le débat sur l’enrichissement beaucoup moins central, puisque nous parlons désormais d’un stockage nul”, a-t-il souligné. Il a également indiqué avoir rencontré plus tôt dans la journée le vice-président américain JD Vance.
L’administration du président Donald Trump accuse Téhéran de nourrir des ambitions nucléaires militaires. Cependant, Albusaidi fait valoir que “sans possibilité de stocker du matériau enrichi, il n’y a tout simplement aucun moyen de fabriquer une bombe”.
Dans l’accord de 2015 négocié sous la présidence de Barack Obama, l’Iran s’était engagé à limiter l’enrichissement à un niveau faible, nettement inférieur au seuil requis pour un usage militaire.
Donald Trump avait retiré les États-Unis de cet accord lors de son premier mandat et rétabli des sanctions. Ces dernières semaines par ailleurs, Washington a renforcé sa présence militaire dans la région.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a insisté pour que tout futur accord inclue non seulement le programme nucléaire, mais également les capacités balistiques iraniennes. Interrogé sur ce point, Albusaidi a assuré: “Je pense que l’Iran est prêt à discuter de l’ensemble des sujets”.
















