Plusieurs membres de cabinets ministériels et hauts fonctionnaires ont été écartés après avoir été testés positifs aux stupéfiants, a annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un entretien à Paris Match publié ce mercredi.
Ces dépistages avaient été ordonnés en juin auprès des ministres, de leurs collaborateurs, de hauts fonctionnaires et d'agents disposant d'une habilitation ou ayant accès à des informations sensibles.
"Consommer de la drogue, c'est être vulnérable", a déclaré le chef du gouvernement, estimant que cette consommation pourrait exposer les agents concernés à des réseaux criminels, à des groupes de pression ou à des opérations d'ingérence.
Le nombre et les fonctions des personnes écartées n'ont pas été précisés.
Des contrôles appelés à durer
Dans une circulaire datée du 16 juin, Sébastien Lecornu avait demandé aux ministres d'établir une liste des postes soumis à des tests salivaires inopinés et obligatoires. Un premier dépistage surprise avait été organisé à Matignon au début du mois de juin.
En cas de résultat positif, les ministres peuvent décider de sanctions disciplinaires et orienter les personnes concernées vers des structures de soins. Le Premier ministre et les membres du gouvernement sont également soumis au dispositif, selon Matignon.
"Ces contrôles continueront" et conserveront un caractère aléatoire, a assuré Sébastien Lecornu, présentant cette mesure comme un dispositif durable lié à l'exemplarité et à la protection des informations de l'État.
"Le plus grand défi intérieur"
Le Premier ministre a qualifié le narcotrafic de "plus grand défi intérieur" auquel la France sera confrontée dans les prochaines années. Il a estimé qu'environ un million de Français consomment régulièrement de la cocaïne, dans tous les milieux, sur fond de hausse des surdoses et des hospitalisations.
Il a également appelé à lutter contre la consommation, le blanchiment et la corruption alimentés par les revenus du trafic, tout en renforçant la prévention, les soins et la désintoxication.
Ces déclarations interviennent après l'exfiltration par le RAID du maire d'Alès, visé par des menaces attribuées à la DZ Mafia. En mai, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé un plan prévoyant le recrutement de 700 policiers supplémentaires, dont 300 affectés à la lutte contre la criminalité organisée.
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