Une plainte collective a été déposée lundi 11 mai auprès du parquet de Paris par 16 familles, soit 39 plaignants, visant la plateforme TikTok pour "abus de faiblesse", révèle franceinfo. Le parquet avait déjà ouvert en octobre 2025 une enquête sur le réseau social chinois, suspecté notamment de promouvoir des contenus favorisant le suicide chez les jeunes.
Parmi les plaignants, cinq familles ont perdu une fille par suicide. Les autres mineurs concernés (dix filles et un garçon) souffrent d'anorexie, de dépression ou présentent des idées suicidaires. Toutes appartiennent au collectif "Algos Victima" et sont défendues par l'avocate Laure Boutron-Marmion.
Christelle, mère de "Léa" (prénom d'emprunt), 15 ans, raconte au micro de franceinfo la détérioration rapide de sa fille, devenue victime de contenus pro-anorexie après avoir installé TikTok à 12 ans. Attirée d'abord par des vidéos "récréatives", Léa a peu à peu vu l'algorithme lui proposer des images de jeunes extrêmement maigres, conduisant à une perte de poids dramatique, une anorexie sévère et une hospitalisation. Sa mère se dit aujourd'hui accablée de culpabilité : "Je n'avais pas conscience de ces images morbides", confie-t-elle, évoquant une "addiction terrible" et des tentatives de chantage au suicide.
Un algorithme accusé d'exploitation
Les familles et leur avocate estiment que l'algorithme de TikTok exploite la fragilité des mineurs pour capter leur attention et générer des profits, ce qui, selon elles, constitue un abus de faiblesse. Laure Boutron-Marmion parle d'une urgence sanitaire et demande une modulation stricte des contenus accessibles aux adolescents.
TikTok affirme avoir déployé plus de 50 fonctionnalités et paramètres destinés à protéger la santé et le bien‑être des adolescents, et assure investir massivement dans des expériences adaptées à l'âge des utilisateurs.
En France, un projet de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans est en cours d'examen ; il devra encore être discuté au Parlement et validé par Bruxelles pour pouvoir entrer en vigueur — le gouvernement souhaitant une mise en place à la rentrée de septembre.


















