"Alors que les pourparlers d'Islamabad ont débuté, le premier ministre (...) a rencontré JD Vance", le vice-président américain qui mène la délégation de son pays, ont annoncé dans un communiqué les services de Sharif.
Avant les discussions, qui s'ouvrent dans un lourd climat de méfiance et dont ni l'agenda ni le format - direct ou indirect - n'ont été précisés, le Premier ministre a aussi rencontré la délégation iranienne.
"Saluant l’engagement des deux délégations à dialoguer de manière constructive, le Premier ministre a exprimé l’espoir que ces pourparlers mènent à une paix durable dans la région" ajoute le communiqué.
Déclenchée le 28 février dernier par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, la guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et secoue l'économie mondiale.
Le rendez-vous s'est tenu à l'hôtel Serena, selon la télévision d'Etat iranienne. L'Iran devait décider à son issue s'il allait ou non entamer les négociations dans la suite de la journée, selon l'agence de presse iranienne Fars.
C'est dans ce même hôtel qu'est arrivé vers 12H00 locales JD Vance, peu après son atterrissage à Islamabad, devenue ville fantôme sous haute sécurité. Il doit mener la délégation américaine qui compte également l'émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
Le Pakistan a, de son côté, constitué une équipe d'experts pour contribuer aux discussions sur les questions du trafic maritime, du nucléaire et d'autres sujets clés, a déclaré à l'AFP une source diplomatique proche du dossier.
Le rendez-vous est suivi de près par d'autres acteurs ayant contribué aux efforts diplomatiques, Égypte, Turquie et Chine, avec lesquels le Pakistan continue de se coordonner, a ajouté cette source.
"Méfiance totale"
Avant de se rejoindre à Islamabad, chaque camp a lancé ses mises en garde.
L'Iran aborde les négociations "dans un climat de méfiance totale, en raison des violations répétées par les Etats-Unis de ses engagements", a affirmé, vendredi, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à son homologue allemand Johann Wadephul, selon l'agence de presse iranienne Tasnim.
L'Iran a, selon le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, qui conduit la délégation iranienne, posé deux préconditions: "un cessez-le-feu au Liban", où Israël continue sa guerre et "le déblocage des actifs de l'Iran".
"Si nous avons affaire à des représentants de +Israël d'abord+, il n'y aura pas d'accord", a précisé sur X le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Aref.
Avant son arrivée au Pakistan, JD Vance a, lui, averti l'Iran: "s'ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive".
Il a néanmoins assuré "essayer de mener des négociations positives".
"Ça passe ou ça casse"
Sharif a, lui, souligné que l'étape s'annonçait "difficile" pour "instaurer une trêve durable et résoudre des questions délicates par la voie diplomatique". "C'est cette étape que l'on appelle en anglais +make or break+ (ça passe ou ça casse)", a-t-il ajouté.
Après moult ultimatums, menaces et revirements depuis le début de la guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, Donald Trump a affirmé, vendredi, que l'Iran n'avait "aucune carte en main" pour négocier si ce n'est le détroit d'Ormuz.
Il s’agit, pour rappel, du passage maritime stratégique qui relie le golfe Persique à l'océan Indien via le golfe d’Oman, artère essentielle pour les exportations pétrolières du Golfe dans le monde.
Au 11 avril courant, il reste presque totalement verrouillé par l'Iran en représailles au conflit en cours.
"Ça va s'ouvrir automatiquement" car l'Iran "ne se fait pas d'argent sinon", a soutenu Trump, sur fond d'attentisme des marchés.
Pourparlers Liban-Israël
Depuis la trêve, Téhéran et Washington s'opposent sur la question de l'inclusion du Liban dans un accord de paix. Israël se dit déterminé à y continuer sa guerre meurtrière.
Mercredi, Israël a mené au Liban les frappes les plus meurtrières de cette guerre, avec au moins 357 morts en une journée, selon le dernier bilan.
La zone frontalière entre les deux pays demeure sous tensions. Tôt ce samedi matin, le Hezbollah a affirmé avoir lancé des attaques de drones et de roquettes sur des soldats israéliens stationnés dans le sud du Liban et sur des localités israéliennes près de la frontière.
Selon la présidence libanaise, des pourparlers doivent avoir lieu mardi entre le Liban et Israël à Washington, rejetés par le Hezbollah.









