La délégation iranienne est arrivée au Pakistan pour des négociations de cessez-le-feu avec les États-Unis, tandis que Téhéran a insisté sur une trêve au Liban et sur la libération de ses avoirs gelés comme conditions préalables aux discussions.
JD Vance dirigera la délégation américaine, accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et du gendre présidentiel Jared Kushner, marquant l’engagement américain au plus haut niveau avec l’Iran depuis que John Kerry avait négocié l’accord nucléaire de 2015.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué, vendredi soir, que la délégation iranienne est dirigée par Mohammad Bagher Ghalibaf et comprend notamment Abbas Araghchi, le secrétaire du Conseil de défense, le gouverneur de la Banque centrale d’Iran ainsi que des parlementaires.
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais Ishaq Dar, le chef des forces armées Asim Munir et d’autres responsables ont accueilli les Iraniens.
Avant son arrivée pour ces discussions historiques, JD Vance a averti que l’Iran ne devait pas tenter de “jouer” avec Washington, alors qu’il se rendait à Islamabad pour représenter les États-Unis.
Malgré la trêve temporaire conclue entre les deux adversaires, de profondes divergences subsistent quant à la suite des négociations visant à transformer ce cessez-le-feu fragile en accord de paix durable.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a déclaré que les progrès seraient difficiles.
“Un cessez-le-feu temporaire a été annoncé, mais une étape encore plus difficile nous attend désormais: celle d’un cessez-le-feu durable et du règlement de questions complexes par la négociation”, a-t-il affirmé.
“C’est ce stade que l’on appelle en anglais un moment décisif, un “make or break” a-t-il ajouté.
La télévision d’État iranienne a réaffirmé que les discussions ne commenceront que si Washington accepte ses conditions préalables — un cessez-le-feu au Liban et le dégel des avoirs iraniens.
Israël a continué de violer la trêve et de mener des frappes aériennes au Liban vendredi, et l’agence de sécurité de l’État libanais a indiqué qu’une attaque contre la ville méridionale de Nabatiyeh avait tué 13 de ses membres.
Le ministère libanais de la Santé a, par ailleurs, porté le bilan provisoire des frappes israéliennes massives de mercredi à 357 morts et 1 223 blessés.
La présidence libanaise a annoncé qu’une réunion se tiendrait la semaine prochaine à Washington avec Israël pour discuter d’un cessez-le-feu dans la guerre israélienne au Liban et d’un éventuel début de négociations entre les deux voisins.

Points de blocage
S’exprimant devant des journalistes avant son départ pour Islamabad, JD Vance a déclaré que “si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes évidemment prêts à tendre la main”.
Mais “s’ils tentent de nous manipuler, ils constateront que l’équipe de négociation ne sera pas très réceptive”, a-t-il ajouté.
Selon des sources officielles, les discussions à Islamabad porteront sur plusieurs points sensibles, notamment l’enrichissement nucléaire iranien et la libre circulation du commerce à travers le détroit stratégique d’Ormuz.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le président Donald Trump a exprimé son mécontentement quant à la gestion iranienne du détroit, qui devait être rouvert, tandis que Téhéran a réagi avec colère à la poursuite des frappes israéliennes au Liban.
À Islamabad, toutes les routes menant à l’hôtel Serena, lieu prévu des discussions, ont été bouclées sous haute sécurité, tandis que des banderoles et panneaux numériques annonçaient les “discussions d’Islamabad”.
En temps de paix, un cinquième du pétrole mondial ainsi que d’importantes quantités de gaz naturel et d’engrais transitent par le détroit d’Ormuz, mais seuls quelques navires l’ont emprunté depuis l’annonce de la trêve plus tôt dans la semaine.
Le cessez-le-feu de deux semaines a été conclu pour permettre des négociations visant à mettre fin à un conflit qui a déjà fait des milliers de morts et plongé l’économie mondiale dans la tourmente.
Alors qu’Israël poursuivait ses attaques au Liban, l’armée israélienne a indiqué que le Hezbollah avait tiré environ 30 projectiles depuis le Liban vers son territoire, vendredi.
Le Hezbollah a affirmé avoir visé la base navale israélienne d’Ashdod avec des missiles “en réponse aux violations du cessez-le-feu par l’ennemi et à ses attaques répétées contre Beyrouth”.
Donald Trump a déclaré, jeudi, à NBC News, qu’Israël “réduisait” ses frappes au Liban et que le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui avait assuré que les attaques deviendraient plus “limitées”.
Un diplomate occidental, sous couvert d’anonymat, a indiqué qu’une “pression est exercée par les États européens, les pays du Golfe et l’Égypte sur Israël afin d’éviter une reprise des frappes aériennes sur Beyrouth après le ‘mercredi noir’”.
Donald Trump a, par ailleurs, averti que son pays déployait des navires de guerre équipés des “meilleures armes jamais conçues”, affirmant que la force pourrait être utilisée en l’absence d’accord.










