La mobilisation est partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a environ une semaine avec le soutien affiché de La France insoumise (LFI, gauche radicale) pour demander davantage de moyens. Les élèves se plaignent du manque de professeurs, du manque de matériel, voire de l’insalubrité des locaux.
Le président français s’est exprimé hier depuis Madrid sur la situation. Emmanuel Macron a martelé mercredi que la mobilisation des lycéens en France ne justifiait pas la "violence" et que les responsables politiques n'étaient "pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire", des propos visant les responsables de La France insoumise.
"J'entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir (...) Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques (..) ne sauraient légitimer une violence au carré", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse à Madrid aux côtés du Premier ministre Pedro Sanchez.

"Les Insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte", a assuré sur X le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon. Les jours précédents, plusieurs figures du parti avaient pris fait et cause pour les manifestants et dénoncé certaines actions de la police.
Le mouvement s’étend
Le blocage des lycées a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi à la même heure, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés.
Côté Éducation nationale, 119 personnes ont été blessées, dont 34 personnels, depuis le début des mobilisations. "C'est inédit dans l'Éducation nationale", a déploré le ministre Édouard Geffray. "Il faut impérativement que nos élèves puissent retrouver le chemin des cours, notamment tous ceux qui en sont empêchés".
Pour que les lycéens "puissent retrouver la capacité à exprimer, dans un cadre démocratique organisé, leurs revendications", il a annoncé la création d'une "plateforme de concertation" lundi, ou mardi matin au plus tard.
Il faut noter que le gouvernement n’a fait aucune annonce de dialogue direct avec les élèves et que de nouveaux moyens pour les lycées les moins bien dotés ne sont pas organisés.
Les lycéens continuent la mobilisation
Devant la presse, le président de l'USL Ryad Rani s'est alarmé du "mépris", de la "répression du gouvernement" et de la "violence inouïe (des forces de l'ordre) envers les lycéens". L'Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à un "acte deux" jeudi et à une journée d'action le 6 octobre.
Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens, une rénovation des établissements et des conditions d'apprentissage "décentes".
L'IGPN, la "police des polices", a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements, a indiqué le ministre de l'Intérieur, selon qui les forces de l'ordre sont intervenues "avec beaucoup de proportionnalité".
Le préfet de police de Paris a pour sa part saisi la justice contre le maire LFI de Saint-Denis (région parisienne), Bally Bagayoko, pour "des faits présumés de provocation à commettre un délit", dans le cadre du mouvement de blocage des lycées.
Mardi matin, devant un lycée, le maire LFI a notamment estimé que "la violence, à un moment donné, peut être légitime", pour manifester son soutien aux lycéens mobilisés.
"Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux", a-t-il aussitôt nuancé.




















