Ces élections régionales avaient des allures de référendum sur l'avenir que les Calédoniens souhaitent pour leur territoire. Au lendemain du scrutin, on a toutefois l'impression qu'ils n'ont choisi aucun des deux grands camps politiques.
Les loyalistes (pro-maintien dans le giron français) conservent la province Sud, la plus peuplée. Sa présidente, Sonia Backès, l'une des plus farouches défenseurs du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République française, y voit un "message sans ambiguïté" envoyé par les partisans "d'une Calédonie dans la République".
Cette victoire nette permet aux partis pro-France de conserver la tête de la province Sud et de gagner cinq sièges supplémentaires au Congrès (l'assemblée délibérante), sans toutefois obtenir la majorité.
Ce lundi 29 juin, le haut-commissariat n’a pas encore proclamé les résultats officiels dans les provinces Nord et des Îles Loyauté.
Il faut rappeler l’importance de ces élections régionales car au-delà des résultats locaux, les élections provinciales désignent aussi les membres du Congrès, l'assemblée délibérante du territoire, lesquels sont ensuite chargés d'élire le gouvernement.

Le FLNKS tient la barre malgré les divisions
Les indépendantistes devrait conserver les provinces des Îles et du Nord, mais le camp indépendantiste paie tout de même ses divisions. L'Union nationale pour l'indépendance (UNI), qui a fait campagne en solo sous la conduite de Louis Mapou, ancien président du gouvernement, ne remporte aucun siège dans la province Sud et pourrait perdre la présidence de la province Nord. Le FLNKS semble engranger de bons résultats dans ces deux provinces sans qu’on sache encore le résultat final.
Grâce à leur importante progression dans le Sud, l'alliance Les Loyalistes-Le Rassemblement disposera de 24 sièges au Congrès, ce qui en fera la première force politique du territoire.
Les indépendantistes dispersés dans trois groupes disposeraient, eux, de 26 sièges au Congrès, à condition de parvenir à un accord avec les dissidents indépendantistes et de former une coalition. "Il n'y a pas de divergence politique avec l'UNI", a affirmé dès dimanche soir à Libération Pascal Sawa, dans l'espoir de voir l'Union nationale pour l'indépendance rallier le FLNKS, qu'elle a quitté à la suite des émeutes de mai-juin 2024.
Les discussions vont donc bon train. Le Congrès se retrouve avec deux blocs d'importance comparable, mais sans majorité claire qui se situe à 28 sièges. Les indépendantistes devront s'unir pour peser sur la politique du futur gouvernement calédonien.



















