Trois dates possibles ont été proposées pour des élections anticipées en Israël: le 1er septembre, le 15 septembre ou la date initiale des élections législatives, le 27 octobre, selon plusieurs médias israéliens.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a averti les partis ultra-orthodoxes que la tenue d'élections anticipées en septembre pourrait entraîner une défaite pour la coalition au pouvoir, même si cette dernière a déposé une proposition de loi visant à dissoudre le Parlement, ont rapporté les médias israéliens jeudi.

La chaîne israélienne Channel 12, citant des sources politiques bien informées, a rapporté que Netanyahu avait déclaré aux dirigeants des partis ultra-orthodoxes qu'Israël “n'a pas encore atteint ses objectifs en Iran”. Il a ajouté qu'il n'est “pas disponible pour mener une campagne électorale” pour le moment.
La chaîne a également indiqué que Netanyahu estime que des élections anticipées “pourraient entraîner la défaite de la coalition au pouvoir”.
Cet avertissement intervient alors que la coalition craint de perdre les élections. Le 13 mai, elle a déposé une proposition de loi visant à dissoudre le Parlement, dans le but de devancer l'opposition, qui avait déposé deux propositions similaires, selon les médias israéliens, dont Yedioth Ahronoth.
D'après Channel 12, le parlement israélien doit voter mercredi prochain sur une proposition de loi d'autodissolution, à moins qu'un nouvel événement sécuritaire ne bouleverse la donne politique et n'empêche la tenue d'élections anticipées.

La chaîne a précisé qu'un tel scénario, où la dissolution du parlement est reportée en raison de l'évolution de la situation sécuritaire, s'est déjà produit, malgré le soutien d'une majorité à une proposition de loi de dissolution à l'époque.
Le chef du parti d'opposition Yisrael Beiteinu, Avigdor Lieberman, a averti jeudi, lors d'une conférence de presse, que Netanyahu pourrait recourir à une action militaire à des fins électorales, alors que les rumeurs d'une dissolution du parlement et de la tenue d'élections anticipées se multiplient.
Ces déclarations de Lieberman interviennent alors qu'Israël continue de violer quotidiennement les accords de cessez-le-feu à Gaza et au Sud-Liban, tout en étendant son occupation territoriale sur les deux fronts et en intensifiant ses incitations à la violence contre l'Iran, le Liban et Gaza.
La chaîne de télévision publique KAN a annoncé mercredi que le président de la coalition, Ofir Katz, député du Likoud, le parti de Netanyahu, avait déposé une proposition de loi. L’objectif est la dissolution du parlement, avec le soutien de tous les dirigeants des partis de la coalition au pouvoir.
Selon cette proposition de loi, la date des élections anticipées serait fixée lors des discussions d’une commission chargée d'organiser le mécanisme de dissolution du Parlement et d'en contrôler le calendrier.
Les chaînes de télévision israéliennes ont annoncé que trois dates possibles ont été proposées pour des élections anticipées. Il s’agit du 1er septembre, du 15 septembre ou la date initialement prévue pour les élections législatives, le 27 octobre.
Ces développements interviennent dans un contexte de crise de coalition croissante, liée à un projet de loi visant à exempter les étudiants des ultra-orthodoxes du service militaire.
Mardi, Netanyahu a déclaré aux députés des partis ultra-orthodoxes qu’il rencontrait des difficultés à faire adopter ce projet de loi, faute de majorité suffisante au Parlement, selon le site d’information israélien Walla.
Cette déclaration a provoqué la colère des partis ultra-orthodoxes. Ils ont menacé de dissoudre le parlement et d’organiser des élections anticipées si le projet de loi n’était pas adopté, alors même que les élections législatives sont prévues pour fin octobre.
L’opposition a également fait pression pour la dissolution du Parlement. Yesh Atid, dirigé par Yaïr Lapid, et Les Démocrates, dirigé par Yaïr Golan, ont déposé deux propositions de loi visant à dissoudre la Knesset avant le vote prévu la semaine prochaine.
Les analystes estiment que la position des partis ultra-orthodoxes sera déterminante quant à la tenue d'élections anticipées en Israël, car leurs votes pourraient faire pencher la balance sur l'un des projets de loi. Cela placerait Netanyahu face à un défi politique majeur: préserver son gouvernement et éviter sa chute sous l'effet de l'opposition.
L'opposition réclame depuis longtemps des élections anticipées, une mesure que Netanyahu a systématiquement rejetée.
Par ailleurs, Netanyahu est recherché depuis 2024 par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis dans la bande de Gaza. Dans cette enclave palestinienne, au ,au moins 72 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été tuées dans une guerre brutale qui fait rage depuis octobre 2023.
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