POLITIQUE
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Offensive diplomatique algérienne dans le Sahel
La normalisation de l'Algérie avec le Niger et le Burkina Faso, en attendant le Mali, participe d'après des experts, d’une stratégie de long terme. Alger voudrait sécuriser ses frontières méridionales et préserver son influence dans le Sahel.
Offensive diplomatique algérienne dans le Sahel
Le président algerien Abdelmadjid Tebboune et son homologue nigérian Abdourahmane Tiani à Alger le 16 février 2026./ Page facebook CNSP / Others
il y a 6 heures

2026 pourrait marquer une embellie dans les relations tumultueuses entre l'Algérie et les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES): le Niger, le Burkina Faso et le Mali. La visite effectuée à Alger du 16 au 17 février dernier par le président de transition du Niger Abdourahmane Tiani, à l’invitation de l'Algérie, pourrait en être le prélude.

A Alger comme à Niamey, les deux présidents n’ont pas tari d'éloges sur la qualité de leurs nouvelles relations.  

Dans cet exercice, Abdourahmane Tiani a loué le soutien des “plus hautes autorités algériennes” aux heures les plus critiques de sa prise de pouvoir, tout en égratignant la France. 

 “(...) En dépit des vaines tentatives de certaines puissances à relents néocolonialistes et des organisations internationales et sous-régionales, télécommandées et manipulées, (les autorités algériennes, NDLR) se sont montrées solidaires du peuple nigérien après les événements du 26 juillet 2023”, a insisté le président nigérien.

“La relation entre l’Algérie et le Niger revêt une importance stratégique multidimensionnelle qui dépasse largement le simple cadre bilatéral”, explique à TRT Français le politologue et stratège algérien Ahmed Mizab. 

Elle s’inscrit, poursuit-il, “au cœur de la doctrine algérienne de stabilisation de son voisinage sahélo-saharien et de sécurisation de sa profondeur stratégique méridionale”.

Partenariat consolidé

Selon l’expert, la consolidation du partenariat avec Abdourahamane Tiani permet à l’Algérie de conjuguer impératifs sécuritaires, énergétiques et diplomatiques dans une phase de recomposition accélérée des équilibres régionaux”.

“C'est le lieu de renouveler les attentes du gouvernement nigérien de voir les deux parties accélérer le démarrage effectif et l'achèvement de nos projets communs, notamment le grand projet du bloc de Kafra, le port sec d'Agadez, le chemin de fer reliant nos deux États et la Transsaharienne”, a indiqué le Général Tiani.

Vu d’Alger, explique le politologue, “Niamey constitue (...) un verrou géopolitique central dans la lutte contre les dynamiques de déstabilisation transfrontalière, qu’il s’agisse des groupes armés terroristes ou des réseaux criminels transsahariens”. D'où, “l’investissement algérien constant dans les mécanismes de coopération sécuritaire et de médiation régionale visant à prévenir toute transformation du Niger en zone de rupture stratégique”.

Au-delà du Niger, les autorités algériennes appréhendent le Sahel comme “(...) la première ligne de prévention contre les menaces asymétriques susceptibles de remonter vers le nord, ce qui fait de la stabilisation du Sahel une priorité de sécurité nationale avant d’être un enjeu de politique étrangère”, explique le géostratège. 

La stabilité de son voisinage sahélien du sud, apparaît donc comme un enjeu prioritaire de sécurité nationale en Algérie. La signature le 12 février dernier à Ouagadougou d’un ensemble d’accords couvrant les secteurs de mines, de l'énergie et des hydrocarbures participe de cette logique. 

Reste que le Mali manque encore à l'appel de l'Algérie qui veut constituer un “verrou géopolitique central (...) contre des groupes armés terroristes ou des réseaux criminels transsahariens” dans le Sahel. 

Pour Ahmed Mizab, il faut être réaliste et éviter toute précipitation. “La dynamique la plus crédible à court et moyen termes demeure ainsi celle d’un rapprochement progressif”.

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SOURCE:TRT Francais