POLITIQUE
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Briser l’étau: le pari logistique des pays du Sahel
Confrontés aux attaques terroristes et en froid avec leurs voisins côtiers, les pays du Sahel s’efforcent de trouver des alternatives pour surmonter leur enclavement.
Briser l’étau: le pari logistique des pays du Sahel
Le port de Dakar est devenu la principale plateforme logistique des pays enclavés du Sahel. / Reuters
il y a 9 heures

Aux prises avec l'hostilité des groupes terroristes et des rapports difficiles avec leurs voisins côtiers, les pays sahéliens s’emploient à rompre leur isolement. Des initiatives alternatives voient ainsi le jour de part et d’autre.

Le président du Niger, Abdourahamane Tiani a profité de sa dernière visite en Algérie pour remettre au goût du jour les projets de liaison ferroviaire Niger-Algérie, la route transsaharienne et le port sec d’Agadez. A Alger, il a trouvé des interlocuteurs attentifs et favorables d’autant plus qu’il y a une convergence objective d'intérêt entre les deux pays, d'après le géostratège algérien Ahmed Mizab.

Le Sahel, explique-t-il à TRT Français, “s’inscrit désormais dans la projection économique et énergétique de l’Algérie vers l’Afrique de l’Ouest, qu’il s’agisse des infrastructures gazières, des interconnexions électriques ou des corridors commerciaux transsahariens, ce qui transforme la stabilité régionale en impératif de développement partagé”. A terme, le Niger pourrait donc se tourner vers l'Algérie pour atténuer son enclavement. 

Du fait des mauvaises relations diplomatiques avec le Bénin, principale porte d'entrée des marchandises nigériennes via le port de Cotonou, le Niger utilise désormais le port de Lomé comme alternative. Les attaques répétées du JNIM affilié à Daech ne font qu’exacerber une situation déjà compliquée. 

Le Mali est lui aussi confronté aux mêmes difficultés. De nos jours, parcourir les 1300 kilomètres qui séparent le port de Dakar de Bamako, relève de l’aventure pour les camionneurs. Comme au Burkina Faso ou au Niger, les terroristes ont porté la guerre sur le principal corridor routier qui relie ce pays enclavé au port de Dakar.

Les attaques des convois de camionneurs entre Dakar et Bamako ont atteint leur paroxysme en octobre dernier, lorsque les autorités maliennes ont décidé de suspendre les cours pendant deux semaines, dans les écoles, lycées, collèges et universités. La pénurie de carburant  a fortement ralenti les activités socio-économiques. 

Le corridor Dakar-Bamako avec Diboli (localité située à la frontière sénégalaise) et Kayes (Mali) est devenu risqué pour les camionneurs qui s’obstinent à s'engager sur cet itinéraire sans garanties de sécurité. Résultat: les marchandises maliennes empruntent déjà un nouvel itinéraire, pour déboucher au port de Conakry.

Actuellement, les autorités maliennes ont réhabilité le vieux projet d'aménagement du fleuve Sénégal. L’objectif est de permettre la navigabilité de ce fleuve depuis le port de Saint-Louis (sur la façade de l'Océan Atlantique) au Sénégal jusqu’au port sec Ambidedi, dans la région de Kayes au Mali, soit une distance de 905 km3.

La Société de Gestion et d’Exploitation de la Navigation (SOGENAV), le bras armé de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal est déjà à pied d'œuvre. Les études techniques sont bouclées et les prochaines étapes concernent le dragage du chenal, l’installation d’un balisage conforme aux normes de sécurité et la réhabilitation des escales situées le long du fleuve.

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SOURCE:TRT Français