"Il est faux de dire qu’entre 2015 et 2026 rien n’a été fait. Ce n’est pas honnête intellectuellement", se défend Anne Hidalgo. L’ancienne maire de Paris répondait ainsi à la rapporteure LR Agnès Evren, également élue d’opposition à Paris.
La sénatrice s’étonnait des nombreuses mesures annoncées par la municipalité en 2025-2026. "En quoi sont-elles différentes des recommandations du rapport d’inspection de 2015? Pourquoi avoir attendu 10 ans pour les mettre en place?", épingle-t-elle.
L’ancienne maire socialiste a tenu à rappeler toutes les mesures mises en place dès 2015. Les représentants des parents d’élèves et le directeur de l’école étaient informés quand un cas était dénoncé ; une ligne téléphonique, un accueil et une rencontre avec des psychologues pour recueillir la parole des enfants ont été mis en place.
Elle défend le travail de ses équipes pour améliorer le recrutement des animateurs du périscolaire, la question du signalement et de l’information auprès des victimes, mais "c’est un processus qui a failli", a-t-elle concédé et regretté.

L’audition a tout de même mis en lumière le malaise de l’équipe municipale lorsque les plaintes de parents se multiplient. Ainsi, Agnès Evren pointe le fait que les parents se sont "retrouvés face à un mur institutionnel et un silence". Anne Hidalgo rappelle que les maires ont un devoir de réserve lorsque des enquêtes sont en cours, mais elle admet n’avoir jamais rencontré les familles de victimes et dit aussi le regretter.
Limite légale du pouvoir du maire
Anne Hidalgo a tenu à souligner la difficulté pour un maire de sanctionner un fonctionnaire qui serait soupçonné de violences sexuelles sur enfant. "Il faut créer une situation juridique qui permette d’extraire une personne qui a été signalée", car le droit de la fonction publique oblige aujourd’hui les collectivités à réintégrer un agent en cas de classement sans suite.
Selon l’ancienne édile, les consignes à la mairie de Paris étaient très claires. À chaque signalement, l’agent était suspendu immédiatement, quel que soit son statut ; une procédure disciplinaire devait être engagée et le parquet informé. Cependant, Anne Hidalgo admet que ces consignes n’ont pas toujours été suivies.
Dans le dossier des violences survenues dans le périscolaire parisien, les animateurs ne sont désormais plus les seuls visés. Les 24 et 25 août 2026, trois familles ont porté plainte contre Anne Hidalgo, l’ex-maire de Paris, son ancien premier adjoint Patrick Bloche, en charge de l’éducation et de la petite enfance d’octobre 2017 à mars 2026, pour non-assistance à personne en danger, notamment à l’égard de mineurs de moins de 15 ans.
La plainte met également en cause l’actuel maire Emmanuel Grégoire (qui fut adjoint aux ressources humaines de 2014 à 2017 puis premier adjoint de 2018 à 2024). Il sera entendu mercredi 16 septembre par cette même commission sénatoriale.
























