La procédure vise notamment le maire socialiste Emmanuel Grégoire, sa prédécesseure Anne Hidalgo et Patrick Bloche, ancien premier adjoint chargé de l’éducation, ont annoncé Barka Zerouali, porte-parole de #MeTooEcole, et plusieurs avocats lors d’un point presse publié sur X.
Les familles sont représentées par Mes Maxime Delacarte, Élise Le Gall, Julia Basile et Kathleen Taieb, membres d’un collectif constitué avec l’Alliance des avocats pour les droits de l’Homme.
Leurs enfants, parfois âgés de deux à quatre ans, sont scolarisés dans des établissements des IXe, XIe et XVe arrondissements de Paris. Les plaignants demandent à la justice de déterminer ce que les responsables municipaux savaient des dysfonctionnements signalés et s’ils ont omis d’agir pour y remédier.
La plainte vise les qualifications de mise en danger délibérée de la vie d’autrui, abstention d’empêcher une infraction, non-assistance à personne en péril et non-dénonciation d’agressions ou d’atteintes sexuelles sur mineurs.
Contrairement aux procédures visant directement des animateurs soupçonnés d’agressions, celle-ci met en cause la Ville en tant qu’organisatrice et gestionnaire des activités périscolaires dans les écoles primaires.
Selon les plaignants, la Ville et des responsables de sa Direction des affaires scolaires ont été informés par des signalements de familles et des alertes documentées, dont certains seraient restés traités uniquement en interne.
Ils leur reprochent de ne pas avoir pris suffisamment rapidement les mesures nécessaires, notamment la suspension des agents concernés, l’information des familles et la saisine de la justice.
Les familles estiment que les responsables municipaux ne pouvaient ignorer l’ampleur et la récurrence du risque, particulièrement depuis l’apparition des premières affaires au printemps 2025.
“Au-delà de chacune de ces affaires, ces faits révèlent l’omerta systémique qui s’est installée au sein de la Ville de Paris”, a déclaré Barka Zerouali.
Plus de 200 enquêtes en cours
Trois autres plaintes déposées fin août par des familles de l’école Saint-Dominique, dans le VIIe arrondissement, visent déjà directement Anne Hidalgo et Patrick Bloche.
L’avocat de l’ancienne maire, Patrick Klugman, avait rejeté toute accusation de “défaillance”, de “faiblesse” ou d’”inaction” de sa cliente.
Des élus de droite et du centre, dont Rachida Dati, ainsi que le groupe parisien coprésidé par Sophia Chikirou, de La France insoumise, ont également effectué un signalement auprès du parquet.
Depuis le début de 2026, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Vingt agents avaient déjà été suspendus pour des faits à caractère sexuel en 2025.
Plus de 200 enquêtes pénales sont par ailleurs en cours concernant des écoles primaires et des crèches de la capitale, dans les cadres scolaire et périscolaire.
Emmanuel Grégoire a engagé un plan de 20 millions d’euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire, présenté comme une “priorité absolue” de son début de mandat.
Le maire doit être entendu mardi par une mission d’information et d’évaluation transpartisane du Conseil de Paris. Emmanuel Grégoire, Anne Hidalgo et Patrick Bloche doivent également être auditionnés à la mi-septembre par la commission d’enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire.

























