Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à la levée des restrictions pesant sur la coopération en matière de défense entre les alliés de l'OTAN.
“Les restrictions entre alliés concernant la coopération en matière de défense, en particulier dans l'industrie de défense, doivent être levées”, a déclaré Erdogan mercredi à Ankara, lors de la réunion du Conseil de l'Atlantique Nord, qui réunit les chefs d'État et de gouvernement de l'Alliance.
Ces restrictions comprennent notamment les sanctions américaines et l'exclusion de la Türkiye du programme F-35 après l'achat, en 2019, du système russe de défense antimissile S-400, ainsi que certaines règles de l'Union européenne, comme le programme SAFE, qui limite à 35 % la part des fournisseurs non membres de l'UE dans les projets de défense financés par Bruxelles.
Erdogan a souligné que, même si les alliés européens assument une responsabilité accrue dans la défense du continent, ils doivent éviter toute politique susceptible d'affaiblir l'unité de l'OTAN ou les relations transatlantiques.
“Alors que les alliés européens assument davantage de responsabilités pour la défense du continent, nous devons nous abstenir de prendre des mesures susceptibles de compromettre la cohésion de l'Alliance et les relations transatlantiques”, a-t-il déclaré.
Évoquant l'essor de l'industrie de défense turque, le président a affirmé que la plus grande réussite du pays ces dernières années réside dans les progrès réalisés dans ce secteur.
“Sans aucun doute, le plus grand succès de notre pays est la percée que nous avons accomplie dans l'industrie de défense”, a-t-il déclaré, ajoutant que la Türkiye figure désormais parmi les dix premiers pays au monde en matière de capacités de production et d'exportation d'équipements de défense.
Erdogan a également réaffirmé l'engagement d'Ankara à renforcer sa contribution à l'OTAN en augmentant ses dépenses militaires.
“La Türkiye a pris les mesures nécessaires pour porter ses dépenses de défense à 3,5 % du PIB avant 2030”, a-t-il indiqué.
Il a précisé que le pays consacre déjà 1,5 % de son PIB aux dépenses liées à la sécurité et à la résilience.
Le président turc a par ailleurs annoncé une enveloppe supplémentaire de 24 milliards de dollars pour le projet Steel Dome, le futur système turc de défense aérienne et antimissile, expliquant que cet investissement vise à renforcer l'une des principales lacunes capacitaires de l'OTAN.
Soulignant le rôle de la Türkiye au sein de l'Alliance, Erdogan a rappelé que le pays, qui dispose de la plus grande armée de terre d'Europe, est prêt à mettre ses capacités militaires à la disposition de l'OTAN chaque fois que cela sera nécessaire.
Il a ajouté que la Türkiye figure parmi les principaux contributeurs aux opérations, missions et exercices de l'OTAN au Kosovo, en mer Noire, dans la région baltique et dans d'autres zones.
Enfin, Erdogan a indiqué que la Türkiye espère obtenir l'accréditation de l'OTAN pour son futur Centre d'excellence de lutte contre les systèmes sans pilote, mettant en avant l'expérience acquise par le pays dans le déploiement de drones sur des théâtres d'opérations réels.
“Je suis convaincu que ce centre renforcera notre capacité à faire face aux menaces posées, en particulier, par les drones aériens et maritimes”, a-t-il conclu.





















