Gaza: plus d’une centaine de morts dans des frappes, l'ONU tente de sauver l'aide vitale à l’UNRWA
Des frappes israéliennes ont tué au moins 128 personnes à Gaza et 3 personnes en Cisjordanie occupée, tandis que l'ONU tente de maintenir le financement de l'UNRWA, suspendu par plusieurs pays.
Les efforts de recherche et de sauvetage se poursuivent dans la zone de la ville d'Az Zawayda de Deir Al Balah, à Gaza, après une frappe aérienne israélienne le 29 janvier 2024 / Photo: AA (AA)

Au cours de la nuit, des frappes israéliennes ont ciblé plusieurs secteurs du sud et du centre de la bande de Gaza, et le Croissant-Rouge palestinien a fait état de tirs d'artillerie autour de l'hôpital Al-Amal de Khan Yunis.

Le ministère de Gaza a dénombré de lundi soir à mardi matin au moins 128 morts, dont des "dizaines" à Khan Yunis, où la situation demeure critique dans les principaux hôpitaux locaux.

Israël a frappé une maison dans le quartier de Sabra, dans la bande de Gaza, tuant au moins 20 Palestiniens et en blessant d'autres, a rapporté l'agence de presse gouvernementale WAFA. "Des avions de guerre israéliens ont également frappé le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza", indique-t-on de même source.

Des membres des forces israéliennes ont tué trois personnes, ce mardi matin, à l'intérieur de l'hôpital Avicenne de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, annonce, de son côté, le ministère de la Santé palestinien. "Trois martyrs (ont été) abattus par les forces d'occupation à l'intérieur de l'hôpital Avicenne", écrit le ministère.

Le Hamas a revendiqué avoir tiré, lundi, des roquettes contre Israël, en direction de Tel Aviv et des villes voisines, après plusieurs semaines de calme relatif dans le centre du pays.

L'armée israélienne, qui a précisé que 15 roquettes avaient été tirées, dont six ont été interceptées, n'a pas fait état de victimes dans l'immédiat.

Le Hamas demande un cessez-le-feu complet

Un haut responsable du Hamas a réaffirmé que le groupe de résistance palestinien souhaitait un "cessez-le-feu complet et global" dans la bande de Gaza assiégée, après que le Qatar, médiateur, a déclaré qu'un cadre pour une trêve temporaire était proposé.

"Nous parlons avant tout d'un cessez-le-feu complet et global, et non d'une trêve temporaire", a déclaré Taher al Nunu à l'agence de presse AFP, ajoutant qu'une fois que les combats auront cessé, "le reste des détails pourra être discuté", y compris la libération des captifs.

Plus tôt dans la journée de lundi, le Premier ministre qatari, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a révélé que les réunions tenues à Paris avec le chef de la CIA, Bill Burns, et de hauts responsables des services de sécurité israéliens et égyptiens avaient abouti à la mise en place d'un cadre pour une trêve progressive.

Réunion à l’ONU

L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) dont 12 de ses 30.000 employés régionaux sont accusés par Israël d'être impliqués dans l'attaque du Hamas le 7 octobre, est frappée par une crise.

Peu après les accusations, 12 pays donateurs, dont la France, les Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne et désormais la Nouvelle-Zélande, ont suspendu leur financement à l'agence dans l'attente que la lumière soit faite sur ces allégations.

Les suspensions ont été vivement critiquées par les Palestiniens et des ONGs tandis que le chef de la diplomatie israélienne Israël Katz a annulé une réunion prévue mercredi avec le chef de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, dont il réclame la démission.

D'ici là, le patron de l'ONU Antonio Guterres réunit, dès aujourd’hui à New York, les principaux donateurs de l'agence pour tenter de maintenir son financement d'autant que la situation humanitaire dans la bande de Gaza est critique avec, en filigrane, le risque de famine.

"Son message aux donateurs, notamment ceux qui ont suspendu leurs contributions, est d'au moins assurer la continuité des opérations de l'agence", a déclaré lundi soir son porte-parole Stéphane Dujarric. Sans ce financement, "les perspectives pour l'UNRWA et les millions de gens qu'elle aide (...) sont très sombres" a-t-il ajouté.

"Nous vivons de l'aide que nous apporte l'UNRWA. Si elle s'arrêtait, nous mourrions de faim et personne ne viendrait à notre secours", confie Sabah Masabih, 50 ans, à Rafah, ville à la pointe sud de la bande de Gaza où se sont réfugiés environ 1,3 million de Gazaouis.

Agences