FRANCE
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Mobilisation des lycéens: 141 établissements restent fermés vendredi matin
L’annonce du gouvernement d’affecter 3 000 professeurs remplaçants "dans les heures qui viennent" n’a pas mis un terme au mouvement de grogne. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 141 lycées restent encore fermés.
Mobilisation des lycéens: 141 établissements restent fermés vendredi matin
Mobilisation étudiante sur la place de la Bastille à Paris ce jeudi 8 octobre 2026

Des CRS ont délogé ce matin des étudiants installés devant l’université Paris-Panthéon-Assas. La très à droite université ne s’est pas mobilisée très longtemps. L’université restera fermée ce vendredi.

L’intersyndicale étudiante et professionnelle appelle à une nouvelle journée de mobilisation et de grève mardi 13 octobre. "Tant qu’on n’aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante.

Le ministre français de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé jeudi l’arrivée imminente de 3 000 professeurs remplaçants dans plus de 500 lycées où la situation est la plus critique, après une nouvelle mobilisation des lycéens sur fond de violences urbaines en marge des rassemblements.

"Dans les heures et les jours qui viennent", 3 000 professeurs remplaçants sans affectation vont rejoindre "les établissements qui sont des situations que je qualifierais de très problématiques", soit "114 lycées dont je dirais qu’ils sont rouges et 400 qui sont oranges", a-t-il déclaré au journal du soir de la chaîne TF1.

"Plusieurs centaines de milliers d’heures supplémentaires" seront également mises à disposition des proviseurs pour permettre "des remplacements de courte durée" par des enseignants volontaires, a ajouté le ministre.

Marius Mesnil, cosecrétaire général de l’Union syndicale lycéenne, réagit avec tristesse à cette annonce sur France Info. "Je trouve ça fou qu’on ait eu besoin de bloquer des centaines de lycées [pour] qu’il y ait un plan de remplacement."

Le SNPDEN, le principal syndicat des proviseurs et des personnels de direction, rappelle sur RMC qu’il aurait été préférable que ce système de répartition soit opérationnel dès la fin du mois d’août. Il regrette de devoir jouer les pompiers au mois d’octobre.

L’annonce du ministre de l’Éducation n’a pas non plus convaincu les politiques français. Sébastien Chenu, député du RN du Nord, ironise ce matin sur TF1. "Il y a donc 3 000 professeurs susceptibles d’être mis devant des élèves en 24 heures ?" Pour lui, le gouvernement "n’a rien anticipé, rien vu venir".

Ce matin sur BFM TV, François Kalfon, député européen PS-Place publique, n’est guère optimiste : "S’il y a 3 000 professeurs en plus, tant mieux, mais on est loin du compte par rapport aux 15 millions d’heures qui ne sont pas remplacées".

Mobilisation acte IV jeudi

Au total, 71 500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24 500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens, au cours de laquelle 504 interpellations ont eu lieu et 48 policiers et gendarmes ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur.

Le ministère a relevé "aujourd’hui une augmentation des violences urbaines (...) en marge des mobilisations pacifiques" et des "incidents graves (qui) ont particulièrement touché le corps enseignant et leurs établissements".

Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées frappantes, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l’ordre en début de soirée à l’aide de gaz lacrymogène.

Les slogans "Plus de masters, moins de poulets" (policiers, NDLR) ou encore "35 °C dans les classes, mais le problème, c’est le portable" se sont fait entendre, tandis qu’une grande banderole "GenZ en colère" a été brandie par des jeunes juchés sur la colonne de Juillet, au centre de la célèbre place parisienne.

"La Bastille est prise"

Sur X, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de saluer la "démonstration puissante de la jeunesse" : "La Bastille est reprise", a-t-il écrit. Une allusion à la prise de la Bastille, prison tristement célèbre sous Louis XVI, dont la chute marque le début de la Révolution française.

Sur le terrain, les manifestations ont globalement été de moindre ampleur que mardi, où près de 450 000 personnes s’étaient rassemblées dans tout le pays.

Depuis le début de la mobilisation, le 17 septembre, les lycéens français réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.

SOURCE:TRT français et agences